24/04/2017

Spots (Dejardin) : sûte: 2800-2819

2800

Mâmedi

MALMEDY

Cous d' sètch.

 

litt. Cul (fonds) de sac. Voyez le proverbe n° 914.

 

2801

Mont

MONS

Montwas cayau.

 

litt. Montois caillou.

 

Les habitants de Mons appellent ainsi les personnes nées à Mons de parents montois.

 

MONS Nos n' sarions nié dîre si les Fetis étiont des montois cayau... ça veut dire s'il avait longtemps qu' i d'meuriont à Mons.

(Armonake dé Mont. Avèrtance. 1885)

 

Jadis la ville de Mons était fort mal pavée, c'étaient presque partout des gros cailloux, peu nivelés, sur lesquels on venait souvent buter. Les habitants des environs, lorsqu' ils heurtaient un de ces gros cailloux, s'écriaient : Montais cayau. Des cailloux, l'épithète passa aux habitants et est restée.

 

2802

Mussi

MUSSY-LA-VILLE

Lès hotîs d' Mussi, lès mar­tchands d' cabus.

 

litt. Les hotteurs de Mussy, les marchands de choux.

Cette localité ne possède aucun proverbe local. Il n'y a que son ancien commerce à dos, au moyen de la hotte prosaïque qui nous a valu le fameux surnom de hotîs d' Mussi. — Une industrie locale est aussi celle de la culture et de la vente des choux à repiquer; de là, sans doute, cette dénomination inotîensive donnée à nos habitants.

(J.-B. Laurent. Inst. comm. à Mussy. 1877.

TANDEL. Les communes luxembourgeoises. III. 1890)

 

2803

Nameur

NAMUR

Lès djodjos.

 

Jojo est le sobriquet des Namurois. On n'en connaît pas bien l'origine ni la signification. Ces sobriquets, qu' on se donnait de ville à ville, équivalaient généralement à la qualification de niais.

 

Et déjà les jojos, au nombre de deux mille,

Brûlaient de s'illustrer et d'illustrer leur ville.

(DU VIVIER. Cinéide. Ch. XVI et note)

 

Lèyî scrîre à leû-z-auje tos cès fieûs d' aurmonak,

Lèyî-lès, sins vos plinde, raconter totes leûs crakes,

Lèyî fé, èt tot rade vos sèroz dès bastauds

Vinus on n' saurè d'où, dès nûtons, dès djodjos.

(A. DEMANET. Oppidum Atuatucorum. 1843)

 

N' avise-t-i nin,

Qui s' mére âye tamehî dè frumint,

Qwand èle a faît si baî djodjo ?

(DE CARTIER, DE VIVARIO, etc. Li voyèdje di Tchaudfontin.ne. I, sc. 3. 1757)

 

2804

Nameur

NAMUR

Nameur li glote

 

LITT. Namur la friande.

« Soit dit en passant, le magistrat de Namur affectionnait singulièrement le mode de punition statué par cet ëdit (détention au pain et à l'eau). C'était, croyait-il, le moyen de sévir avec effet contre vos pères, auxquels on a toujours reproché, vous le savez, d'être, ainsi que vous, mes jeunes amis, un peu portés sur leur bouche. »

(Jules BORGNET. Les échasseurs )

Leurs rivaux prétendaient, sans nulle vérité,

Que Namur méritait le surnom de la glotte.

(DU VIVIER. Cinéide. Ch. XVI el note)

 

Tot l' monde dit : Nameur li glote,

Maîs tot ça n' nos faît rin,

Èst-ce pace qui, avou nosse djote,

On mèt dès saucisses didins?

(Vîve Nameur po tot. Ch. Aurm. di Nameur. 1883)

 

C' ènn' è-st-assez, pârlans d' ôte tchwè,

Èt s' toumans so lès Namurwès.

Is sont friyands come li morèye,

So 1' tchâr ossi bin qu' so l' pèherèye.

I gn-a qui frint cinkante bricoles,

Po magnî ine bonne caracole.

(Paskèye so lès séminarisses. 1733)

 

2805

Nameur

NAMUR

Mougneûs d' grèvasses.

 

litt. Les mangeurs d'écrevisses.

Sobriquet donné par les Dinantais aux habitants de Namur.

« Sans doute, vous connaissez les qualifications accordées a dans les siècles passés aux principales villes ; vous savez le sobriquet de mangeurs d'écrevisses, dont nous ont, depuis « un temps immémorial, gratifié nos voisins les copères. En « présence de cette tendance gastronomique assez bien « constatée, croyez-vous que Namur ait mérité son épithète « énergique de la gloutte ?

(Jérôme PIMPURNIAUX (Ad. borgnet), Légendes namuroises. 1837)

 

2806

Nameur

NAMUR

Vîve Nameur po tot, po l' pupe, po l' bîre èt po ... (jeunes filles).

 

litt. Vive Namur pour tout, pour la pipe, pour la bière et pour.....(les jeunes filles).

« Marque d'un pot en grès fabriqué à Namur ; une porte de  fer et les trois éléments du dicton populaire. »

(Catalogue de la vente Minard, à Gand. 1882)

 

CHARLEROI ÂRKA

Èle li fra, vos di-dje ou bin djè l' èvôye dins-in couvent à Nameur ; èle d-îra tchanter : vîve Nameur po tot, tint qu' èle voura.

(BERNUS. L' malade St-Tîbaut. I, sc.8. 1876)

 

VARIANTE Vîve Nameur po tot, po l' toubak èt lès gosètes.

 

2807  

Nameur

NAMUR

Lès chitaus d' Nameur.

 

litt. Les chieurs de Namur

 

Sobriquet donné parles habitants de Jauche, Orp-le-Grand, et des villages environnants (canton de Jodoigne), aux Namurois.

 

ORIGINE Il y a, à Orp-le-Grand, une source qui était, il n'y a pas bien des années, le but d'un grand pèlerinage. On dit que sainte Adèle (ailleurs Odile) a fait jaillir cette source et qu'en s'en lavant les yeux malades, on les guérit.

Les Namurois avaient une grande dévotion pour sainte Adèle, mais le jour du pèlerinage était une fête pour les gamins de Jauche. Ils creusaient sur la route des fosses qu' ils recouvraient de terre, soutenue par de légères baguettes. Le sobriquet donné aux Namurois t'ait supposer que, dans les temps reculés, celui qui tombait dans un de ces trous (garnis d'ordures), n'avait rien de mieux à faire que de courir à la rivière voisine.

 

2808

Nameur

NAMUR

Tièsses di Nameur

 

litt. Tête de Namur.

Tête dure, par analogie avec les pierres bleues, dites pierres de Namur, au pays wallon.

 

2809

Nivèle

NIVELLES

Aclots

 

«Les Nivellois ont pour sobriquet le nom da claus, duquel on donne cette explication plaisante : les portes de la ville étaient jadis si mal entretenues, que les gonds et les verrous ne tenaient plus. Une troupe ennemie s'étant montrée dans le voisinage, on voulut, mais en vain, les fermer, et voilà nos bourgeois qui parcourent la ville en criant à tue-tête : À claus, à claus ! (aux clous, aux clous !)

(J. Tablier et A. Wauters. Géographie et histoire des communes belges. Bruxelles, grand in-8°, 3e livraison (mai 1862), p. 168, col. 2)

 

AUTRE VERSIN Lors d'un des sièges que notre ville eut à subir de la part des Espagnols, on s'était défendu à outrance ; toutes les munitions d'artillerie étaient épuisées, et les ancêtres de l'Inradjî, de l'Espontaule et de Broke-à-l'aiy, réduits au silence ; la brèche était ouverte, l'ennemi allait entrer. C'est alors que les courageux défenseurs se répandirent dans !a ville en criant : à claus, à claus.

« Donnez-nous des clous pour charger nos canons, repousser « et mitrailler cette canaille, nous sommes à bout, vaincre a ou mourir. »

Pourquoi nos aïeux n' ont-ils pas adopté pour devise dans leurs armes ces deux mots : à claus ! quand souvent nos voisins croient nous ridiculiser en nous appelant aclot ou aclaus.

(M. DU COUR R'NAUD. L' Aclot, journal, n° 9. 1888)

 

NIVELLES

... Djè counè bin Nivèle,

Dj' aî d'djà vu ç' payis-là, lès-Aclots sont si bons (*)

Èt pou dîre ça tout coûrt, c' èst l' payis dès Walons.

 

NIVELLES 

À Nivèle, djè m' trouverè come dins-in paradis,

Lès-Aclots m' carèsseront come si dj' èstè leû fis.

(RENARD,  Lès-avent. dè Djan d' Nivèle, Ch. I, 1857)

 

(*) Lès djins d'Nivèle èn' s' apèlenèt ni ôtrèmint qu' lès Aclots.

 

2810

Payis-Bas

PAYS-BAS (Hollande)

Lès kanifichtônes.

 

Ce sobriquet était donné aux Hollandais par les Wallons, pendant la réunion de la Belgique avec la Hollande (1815 à 1830).

C'est la corruption de la phrase : Ik kan niet verstaan (je ne comprends pas), réponse invariable de tout Hollandais étranger à la langue française.

 

Tchèssans à l' ouh, tchèssans bin lon,

Tos cès kanifichtônes,

Avou zèls, on n' faît mây rin d' bon,

Èt s' piède-t-on tote sès pônes.

(Chanson pop. 1830 ou 1831)

 

Divenou flankeûr d'vins lès kanifichtônes,

On m' rimoussa, dj' eûri-st-on pantalon.

(DU VIVIER. Li pantalon trawé. 1841)

 

Taîhîz-ve, dj' a m' tièsse come on sèyaî,

Dji n' veû pus qu' totès flamahes,

Kanifichtône mi râye li paî.

(THIRY. On cwèrbâ franc lîdjwès. 186(...))

 

Di ç' timps-là, nosse payis féve d' arèdje ine seûre mène,

C' èst qu' lès kanifichtônes manecît d' î prinde rècène.

(PECLERS. Li cinkantème d' on patriyote. 1880)

 

JODOIGNE Kalifèstône èst mwèrt à Hoûgâr.

Réponse des Jodoignois à quelqu'un qui leur parle flamand ou hollandais.

 

2811 

Campènaîres

QUEVAUCAMPS et STAMBRUGES. (HAINAUT)

Lès campènaîres.

 

La plupart des habitants de ces communes sont colporteurs et voyagent d'une extrémité du pays à l'autre, et même en France; on les nomme campènaîres, ce qui veut dire brocanteurs, marchands ambulants, batteurs de campagne.

(A. Harou. La tradition)

 

Elections du 14 juin 1892. « Remarqué la pancarte des « libéraux de Quevaucamps : Pour les libéraux, les campenaire sont toudi là. »

(Gazète Pétrus', 18 juin 1892)

 

2812 

Ronkiére

RONQUIERES

Lès dîdons

 

litt. Les dindons.

Les philosophes de Ronquières. On y élève beaucoup de dindons et l'on affecte assez souvent de confondre les habitants avec leurs élèves.

(A. Harou. La tradition)

 

Proverbe à nivelles :

I n' èst ni co bon pou d-aler garder lès dîdons à Ronkiére.

(L' Aclot. 1889. N° 2) Voyez le proverbe n° 2056.

 

2813 

Souvré

SOUVRÉ (quartier de Visé)

 Lès bilokes.

 

litt. Les Reines-Claude. Voyez Visé, n" 2820.

 

2814 

Stâveleû

STAVELOT

Bèsaces.

 

Proverbe :

I fât deûs cou d' sètch po fé one bèsace.

litt. Il faut deux Malmédiens pour faire un Stavelotin.

Voyez le proverbe n° 914.

 

2815 

Twin

THUIN

Lès boulots

 

litt. Les petits gros.

Les Thudiniens (habitants de Thuin) disent, en parlant des habitants de Lobbes :

Lès Lobins

Ont des pûs (poux) come dès poulins.

Ceux de Lobbes répliquent en disant :

Lès Boulots

Ont dès pûs come dès chabots (sabots).

(A. HAROU. La tradition)

 

2816 

Vèrvî

VERVIERS

Lès pîres à makète.

 

litt. Pierre à tête (borne).

Le pays des pîres à makète : sans doute par allusion aux monteûs (échalliers), par lesquels on passe d'une prairie à l'autre, dans la plus grande partie de l'arrondissement de Verviers.

 

VERVIERS

LU R'NÂd

Insi, vos d'vrîz aprinde à k'toûrner lu baguète,

Tot gripant à cavaye du quéke pîre à makète.

(XHOFFER. Lès bièsses. I, sc. 15. 1858)

 

CRAHAÎ

Mi, dji n' a nin toûrné so l' plèce des récolètes,

Mi lokince fa danser jusqu'âs pîres à makète.

(Alcide PRYOR. On dragon qui faît dès madames. 1867)

 

VERVIERS 

Ou bin d'lé one pîre à makète,

I s' taîrè bin lon po pihî,

S' rouvîrè d' rabotener s' brauyète,

N' auyant d' câre s' on pout l' awaîti.

(XHOFFER. Lès burdoyes. 1867)

 

A Stembert, près de Verviers, les portes des fermes sont protégées des charrettes et voitures par des pîres à makète.

 

2817 

Vèrvî

VERVIERS

Lès magneûs d' pèlotes.

 

litt. Les mangeurs de pelures.

« Les Verviétois sont, dans le marquisat, connus sous le nom de magneûs d' pèlotes et par pèlote, on entend les pelures de pommes de terre. Aujourd'hui encore, à Theux, à Verviers, à Sart, si l'on veut invectiver un habitant de Verviers, on l'agonisé de ce ternie qui remonte à 1789. Pendant le rigoureux hiver de cette année, la disette était telle que les indigents affamés vinrent de Verviers jusqu'à Spa, ramasser, sur les fumiers, les épluchures de pommes de terre et de légumes pour assouvir leur faim. De là est restée l'injure d'autant plus sanglante qu'elle fait un reproche aux descendants de ce qui fut autrefois une nécessité. Il n'y a pas deux ans (1877), que cette insulte paraissait encore imprimée au vif, dans un pamphlet à l'adresse des Verviétois. »

(A. Body. Chans. patriotiques. Glanes)

 

VARIANTE Lès râseûrs d' ohês.

litt.  Les rongeurs d'os. (Même origine)

 

2818

Vèrvî

VERVIERS

Lès crâs cous

 

litt. Les culs gras.

Les Verviétois ont été appelés des crâs cous (des richards), parce qu' il y a quelque cinquante ans, ils venaient faire le heer (seigneur) à Spa, et arrivaient par le chemin de traverse, à pied, avec des bottes armées d'énormes éperons, les jours de courses ou d'autres fêtes.

 

— Vos-avez dès sporons, mins vosse tchuvau, w' è-st-i?

—  Ô ! dju l' a lèyî o l' cinse Djaumâr. (Ferme au-dessus de Spa, près du chemin de traverse)

 

2819

Virtan

VIRTON

Les sègneûrs dè la Grîdje-au-bos.

 

litt. Les seigneurs de la Grange-au-bois.

 

Par acte passé le '20 décembre 1612, la ville de Virton atchèta, à madame de Gournay, veuve du seigneur Jacques de Ligni-ville, une censé dite de la Grange-au-bois, enclavée dans les bois et aisances de la ville. Cette vente se fit avec cession de tous les droits seigneuriaux attachés à la censé, pour le prix de 4300 francs.

(Dr J. Jeanty. Un ancien livre de la ville de Virton, Annales de l'inst. arch. du Luxembourg. XV, p. 73,1883)

 

VIRTON Nous-autes, lès sègneûrs de la Grîdje-au-bos, dj' alans chu l' Augusse Burkel, ç'ti-làl qui èst - coumat dijant-is ça, lès çous d' Mâdi ? — hongreûr, i m' sènne.

(Lë Sauverdia, gazette de Jodoigne, 1892, n° 3)

 

 

11:08 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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