24/04/2017

Spots (Dejardin) : sûte: 2780-2799

2780 

Frantchimont

FRANCHIMONT

Lès vérts vantrins.

 

litt. Les tabliers verts.

Les troupes franchimontoises portaient un uniforme vert et blanc, couleurs du marquisat ; communément on les désignait sous le nom de vérts vantrins.

« Le légat Onufrius, dans son rapport sur la destruction de la cité de Liège par Charles-le-Téméraire, en 1468, nous apprend que les montagnards de Franehimont, qui étaient l'élite des forces liégeoises, étaient appelés d'ordinaire, les compagnons des vertes tentes. Vraisemblablement leur costume, ou du moins la couleur, n'avait pas varié depuis trois siècles.

(A. BODY. Chansons patriotiques. Glanes)

 

SPA

L'histwère nos dit qu' dè timps passé,

Lès lîdjwès s' ont révolté.

C' èsteût dès Chirous, dès Grignous,

Lès vérts vantrins, mêlés avou.

(Paskèye. 1787. Ch. patriotiques. Rec. BODY)

 

SPA

Maîs c' èst bin ôte tchwè,

Lès Franchimontwès

Is sorpassèt, su dju n' mu trompe nin,

Po l' djoû d' hoûy, lès vérts vantrins.

(Li sîdje di Frantchimont. Ch. patriotiques. 1790. Rec. BODY)

 

2781 

Li Glègn

GLAIN

Halbôssâs

 

On sait qu' on donne encore aux habitants de Glain l'épithète de halbôssâs, équivalente de câlins, mètchants, moûdreûs.

Dans des temps reculés, il y eut, paraît-il, une génération de glaintois de mœurs sanguinaires et barbares ; de là cette épithète de halbôssâ qui fut, peut-être, le nom de l'un d'entre eux.

Ces halbôssâs, d'humeur querelleuse, descendaient souvent le faubourg semant partout la terreur.

(Em. Djèrârd. Le faubourg Sainte-Marguerite. B. t. XI, 2e se)

 

2782 

Gôzéye

GOZÉE

Lès boûtîs

 

litt. Les bouviers.

Le jour des élections communales, on réunissait tous les bœufs de la localité dans une prairie, où se trouvaient les candidais. Celui d'entre ceux-ci qui était le premier flairé par un bœuf, était proclamé bourgmestre. De là, le sobriquet de Boûtîs (les bouviers).

(A. Harou. Blason populaire. 1891)

 

2783

Hêve

HERVE

Lès Hêvurlins.

 

litt. Les Herviens.

Ce nom est donné indistinctement aux habitants et aux fromages de cette ville.

 

Ah ! qui dji m' rafèye,

D' èsse bin lon dè l' vèye.

Po diveni d'min Hêvurlin,

Dji donreû dès skèlins.

(Alcide PRYOR. On voyèdje à Vèrvî. 1883)

 

VERVIERS

Dju so d' Hêve, èt dju r'vé d' Hêve,

Dju so l' fis d' on Hêvurlé,

Ossu v' vèyez bin à m' djaîve

Quu dju n' so ni gueûs ni tché.

(M. PIRE. Lu djoweû d' oû. Ch. 1874)

 

2784

Hu

HUY

Rondia, Pontia, Bassinia.

 

Les trois merveilles de Huy. La rôse (fenêtre) de la Collé­giale, le pont sur la Meuse, le bassin en pierre, aux Croisiers (d'autres disent : la fontaine sur la place).

Venez donc à notre aide, ou bien comptez sur table, Que Pontia, Bassinia, Rondia, tout est au diable.

(DU VIVIER. Cinéide. Ch. VI)

Les mots que les Français terminent en eau et les Liégeois en ê (couteau, chapeau, coûtê, tchapê), prennent, à Huy, la désinence ia (coutia, chapia); de là, par plaisanterie, cette finale donnée exceptionnellement à des vocables qui ne le réclament pas.

 

2785

Djodogne

JODOIGNE

Lès mèdauds d' Djodogne.

 

litt. Les médards de Jodoigne

Sobriquet donné par les Wavriens. Il fait allusion au patron de Jodoigne, saint Médard, qui est en même temps le patron des fous ; cela équivaut donc à : les fous, ou les toqués de Jodoigne.

 

2786

Lîdje

LIEGE

Tièsses di hoye.

 

litt. Tête de houille.

Allusion à la fermeté et à la fougue des Liégeois, résistants comme le charbon de terre et tout aussi prompts à s'enflammer.

V. Ferd. Henaux. La houillerie du pays de Liège. Liège, Desoer, 1861, in-8°, p. 29.

Cité par FORIR. Dict.

 

LÎNA

Dji lî frè vèy, sins fé tant d' brût,

Qu' ine tièsse di hoye èst bone por lu.

(FABRY. Li Lîdjwès ègadjî. II, sc. 2. 1781)

 

Cial, i présinte dès bais rotchèts ;

A cès-là, dès findous bonèts ;

 friyand, di qwè fé gogoye ;

Dès côps d' baston âs tièsses di hoye.

(HANSON. Li Hinriâde travèstèye. Ch. IV. 1780)

 

L' union faît l' fièsse, volà li spot,

Qui Tîhon, Walon nos lôye tot ;

Lès tièsses di hoye, lès mâheûlés,

 dandjî, divenèt come dès frés.

(Curé DUVIVIER. Li rwè Léyopôld à Lîdje. 1886)

 

A Lîdje, on n' èst nin fâs, on-z-in.me à dîre li vraîy,

N's-avans dès tièsses di hoye, maîs nos-avans bon coûr.

(J. LAMAYE. Adresse au Roi. 1886)

 

2787

Lîdje

LIEGE

Chirous  -- Grignous.

 

Ces sobriquets devinrent les noms des deux factions qui désolaient la cité.

 

DJÈRÂ

Nos-avans cial dès k'méres,

Pés qu' dès vipéreq.

Sont dès Chirous,

Sont dès Grignous,

Qui s' kibatèt à v' fé pawou.

(CE HARLEZ, DE CARTIER, etc. Li voyèdje di Tchaudfontin.ne, I, sc. 3. 1787)

 

ORIGINE  Dans le mois de juin 1633, trois cents jeunes gens des plus riches familles, s'organisèrent en compagnie militaire. Ils se mirent au service du prince pour défendre la foi catho­lique. Ils portaient un pourpoint étroit et des culottes flottantes, de couleur sombre, qu' ils relevaient par une gorgerette blanche et des chausses blanches.

Un jour qu' ils assistaient sur le marché à la décapitation d'un hérétique, un plaisant les appela Chiroux. Ce mot, qui dans l'idiome wallon désigne l'hirondelle de fenêtre, blanche sous le cou et sous le ventre, eut un rare succès.

Les Chiroux traitèrent les railleurs de Grignoux, c'est-à-dire de grognards, d'impies, de mutins.

(F. Henaux. Hist. du pays de Liège. 3e éd., t. II, p. 390)

Un contemporain, Foullon, fils de Chiroux, et Chiroux lui-même, rapporte que ce fut le costume bizarre de ces jeunes gens qui leur valut ce sobriquet : visus est similis Chiroutio, sic vulgo hirundinem apodem vocant, plumis brevia crura contectam. On appela aussitôt Chiroux tous les partisans du prince : transiit mox appellatio ad omnes principis fautores. (Historia Leodiensis compendium, p. 225)

(F. Renaux. Hist. du pays de Liège. 3e éd., t. II, p. 390, note)

 

Urbs autem in duas praecipue factiones dividebatur, Chiroutiorum ao Grignouiorum.

(Brachelius. Historianos tritemporis. 1652. T. I, 259)

 

2788

Lîdje

LIEGE

Magneûs d' dorêye, magneûs d' tripe.

 

litt. Mangeurs de tarte, mangeurs de boudin.

Deux noms bizarres indiquaient alors (vers 1678), les deux partis divisant Liège, les partisans du prince (Maximilien Henri de Bavière) s'appelèrent : mangeurs de tarte; les amis des franchises, : mangeurs de boudin.

(Eug. M.-O. Dognée. Liège, p. 118. 1881)

 

2789 

Lîdje

LIEGE

Tchiyâs è Moûse, hite è Moûse.

 

litt. Chieur dans la Meuse, foirard dans la Meuse.

Liège est à cheval sur la Meuse.

 

A tos lès Tchiyâs è Moûse.

(J. DEJARDIN, dédicace de: Li fleûr dès batelîs d' Moûse. Ch. 1830)

 

2790

Lîdje

LIEGE

Lès magneûs d' salâde.

 

litt. Les mangeurs de salade.

(Lès trinte cints-omes dè prince di Lîdje)

« Sous le règne de Joseph-Clément de Bavière, il éclata à Visé une sorte d'émeute à l'occasion d'un droit à payer au fisc. Cette émeute nécessita la présence d'un détachement militaire. A son arrivée, les magistrats de la ville demandèrent à l'officier commandant ce qu' il voulait que l'on donnât à sa troupe pour souper. De la salade, répondit-il. C'était un plat peu confortable (réconfortant?) pour des hommes envoyés en expédition, et qui venaient de faire trois fortes lieues; aussi exigèrent-ils que la ration fut proportionnée à leur faim, et celle-ci était grande. L'ordre étant rétabli dans la ville, les soldats du prince la quittèrent pour revenir à Liège, mais en sortant ils lurent poursuivis par des cris assourdissants de mangeurs de salade, nom qu' ils conservèrent depuis. »

(BOVY. Souvenirs d'un émigré. T. III)

 

2791

Lîdje

LIEGE

Lès canaris

 

litt. Les serins.

Régiment de la cité ; parce que, dans son uniforme, le jaune dominait.

De Méan écrivant à De Ghisels (mars 1793) s'exprimait ainsi, en faisant allusion à l'appui que les troupes du prince leur fournirait : « Il (Metternich) est très rassurant, et nous « pourrons faire nos Pâques avec toute la tranquillité et le « calme que cet auguste devoir exige, et je crois que moyennant « un petit concert exécuté à propos par nos 3000 canaris, nous « mettrons le sceau à l'oeuvre et jouirons de la plus parfaite a tranquillité. »

(BODY. Chansons patriotiques. Glanes)

 

2792

Lîdje

LIEGE

Lès rodjes habits.

 

litt. Les habits rouges.

Les sergents d'armes. Le rouge dominait dans leur uniforme.

 

SPA

Nos ènemis sont confondous,

Is strindèt tos l' quawe â cou.

Lès rodjes habits n' sont pus d' rahon,

Vîve lès-Èburons, vîve lès-Èburons!

(BODY. Chans. patriotiques. 1786. Recueil)

 

2793

Lîdje

LIEGE

Lès mangons d' l'  ârmêye.

 

litt. Les bouchers de l'armée.

Chasseurs de Rohan (1791), en raison des couleurs de leur uniforme; ils avaient la poitrine et les bras rouges.

(BOVY. Souvenirs d'un émigré. T. III)

 

2794 

Lîdje

LIEGE

Lès rodjes cous.

 

litt. Les culs rouges.

Régiment autrichien qui fut en cantonnement dans le pays de Liège, en 1792 et 1793, et qui portait la culotte rouge.

(BODY. Chans. patriotiques. Glanes)

 

2795

Lîdje

LIEGE

Lès sôdârts da nosse.

 

litt. Les soldats à nous.

La garde du prince.

(HOCK. La famille Mathot. 1872)

 

2796

Lîdje

LIEGE

Di d'là.

 

litt.  De ce côté là.

Les habitants de la rive gauche.

 

Totes lès mâlès linwes di d'là,

D'hèt qu' so quékes an.nêyes,

Nos l' avans r'monté dèdjà

 Ine treûzène di fèyes !

(F.-L.-P. Paskéye so l' noûve toûr di Sint-Foyin, 1842)

 

Maîsse Ddjirâ, l' pus djoyeûs compére,

Qui di d'là Moûse âye co vèyou,

È si-ovreû po roûvî l' misére,

Tchantéve sovint come on pièrdou.

(Ep. MARTIA. Li tâvelî dès récolètes. 1859)

 

2797

Lîdje

LIEGE

Djus d'là.

 

litt.  D'au delà (de la Meuse).

Les habitants du quartier d'Outre-Meuse (rive droite).

 

Avou l' hardiyèsse d' on Djus-d'là-Moûse,

A lu l' pompon po bin taper.

(G. CARMANNE. Li concours di powèsîyes di 1857)

 

HINRI

Alôrs djè l' pormina, pusqu' il èsteût si gây,

Tot-avâ Djus d'là Moûse ; maîis vos n' vis doterîz mây,

Qué monde qui nos sûva : Djus d'là Moûse èsteût foû.

(REMOUCHAMPS. Li savetî. II, sc. 6. 1858)

 

Hîr, i d'mandéve dès cens' po l' Pont d's-Âtches èt Djus d'là, Hoûy i pîhe po-z-avu li creûs dè colèra.

(Alcide PRYOR. On fameûs récipièw. 1866)

 

2798

Lîdje

 

LIEGE

Lîdje

 

Dans le « Livre des proverbes français, par M. Leroux de lLngy (Paris 1859) », on trouve, série VI (proverbes historiques — pays — peuple) le proverbe suivant :

Li gentil de Liège.

Les hommes aimables et polis de Liège,

Ce proverbe, si flatteur pour nous, ne peut-il pas servir d'explication aux vers suivants, extraits d'une paskèye faite en 1735, par un séminariste de Liège sur ses condisciples ?

 

I fât tot passer po l' tamis,

D'pôy li pus grand jusqu'au pus p'tit.

 

Après avoir dépeint les Ardennais, les Hesbignons, les Namurois, les Français, les Flamands, il dit :

 

Lès cis d' Maubeûje èt lès Lîdjwès

N' ont nin co dansé leû balèt.

Onk a dès rats, l' ôte dès makèts,

L' ôte on labeûr, l' ôte on huflèt.

Djudjî on pô, sins prévencion,

S' is n' sont nin l' bone union ;

C' èst po çoula qui 1' provèrbe dit,

Èt dji creû qu' i n' a nin minti,

Qu'  lès cis d' Maubeûje èt lès Lîdjwès,

Frint bin ine vraye musike di tchèt,

Èt po conclûre so sès-apôtes,

Is sont ossi sots onk qui l' ôte.

 

De l'amabilité du proverbe de M. Leroux de Lingy, à la gaieté un peu exagérée dont nous a gratifié le séminariste, il n'y a pas loin.

 

VARIANTE Dans notre pays, le travail était depuis longtemps considéré comme moyen de s'élever, de fonder un lignage, c'est pourquoi, dans le dialecte (sic) wallon, le mot gentil qui étymologiquement veut dire homme de race, de lignage, signifie en même temps laborieux; c'était l'inverse des autres pays, où la qualité de gentilhomme s'acquérait plutôt par l'oisiveté.

(Albin Body. Etude sur les noms de famille du pays de Liège. B., t. IV, 2e sér., 215, note)

 

2799

Lodelinsaut

LODELINSART

Lès vias du Sârt

 

litt. Les veaux de Lodelinsart.

D'après la légende, lorsqu' on devait nommer un bourgmestre, on attachait un veau dans une prairie. Les candidats devaient essayer de monter sur l'animal, et le premier qui y parvenait était nommé bourgmestre. Un jour le veau se délia et s'enfuit. Il fut, pour ce fait, nommé bourgmestre.

(A. Harou. La tradition)

 

VARIANTE Les gens de Lodelinsart sont appelés les veaux et l'on raconte à ce sujet l'histoire suivante : Un jour, pour choisir le maïeur, on décide de faire courir les candidats dans une prairie et de nommer celui qui arrivera le premier. Un veau qui paissait là s'effraya et en quelques bonds arrive au but avant tous les candidats.

(Questionnaire de folklore publié par la Société du Folklore wallon, Liège. 1890)

 

 

11:20 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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