19/01/2017

Dès miles di spots satchîs do lîve da Dujardin (Lîdje) / Des milliers de proverbes tirés du livre de Dujardin (Liège)

Dejardin Joseph,

Dictionnaire des spots

ou proverbes wallons

 

Liège, Vaillant-Carmanne, 1892 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2950-2959

2950 

cotchetê

TISON

Quand i tome on cotchetê è l' aîsse, on r'ssètche turtos s' pîd.

 

litt. Quand il tombe un tison sur l'âtre, on retire tous son pied.

Chacun se met en garde contre l'épigramme, de peur qu'elle n'arrive à son adresse.

 

2951

tèhe

TISSER

On tèhe èt on r'nawe.

 

litt. On tisse et on resarcie.

On s'arrange le mieux possible pour mener honorablement ses petites affaires. — On fait ce qu'on peut.

 

2952

teût

TOIT

On qwîrt tortos d' aveûr on teût d'zeû s'tiesse.                                               (Stavelot)

 

litt. On cherche tous à avoir un toit au-dessus de sa tête.

On désire ne pas encourir toute la responsabilité, on cherche à se garantir.

 

2953

ploumer

TOMBER d'aplomb.

I mèrite dè ploumer l' beûr.

 

litt. Il mérite de tomber d'aplomb dans la bure (dans le puits d'extraction).

Imprécation en usage chez les bouilleurs.

 

variante  Dji vôreû qu' ti d'ploumahe li beûr.

 

2954

toumer

I n' toumerè nin pus bas.

 

litt. Il ne tombera pas plus bas.

Se dit de quelqu'un qui s'est jeté par terre ou d'un objet tombé.

 

Nivelles.   I n' tchèra ni pus bas.

 

Rouchi  I n' quèra pwint d' pus haut.

(HÉCART. Dict.)

 

2955 

toumer

Toumer pés po èsse mî.

 

litt. Tomber plus mal pour être mieux.

En voulant éviter un mal, tomber dans un autre. — Tomber d'un état fâcheux dans un pire. (ACAD.)

Pr. fr. — Tomber de Charybde en Scylla. — Tomber de fièvre en chaud mal. — Tomber de la poêle dans la braise.

Il ne trouva plus rien à frire ;

D'un mal, il tomba dans un pire.

(Lafontaine. Le cerf malade.)

C'est tomber d'un mal dedans un pire.

(Molière. L'Étourdi. I, sc. 2)

Souvent, la peur d'un mal, nous conduit dans un pire.

(Boileau. Art poétique.)

 

2956

tchaîr

Tot lî tchéye èt rin n' li ahêye.

 

litt. Tout lui arrive et rien ne l'aide.

Pour lui l'occasion n'est pas chauve, et il ne parvient pas à la saisir.

 

2957

toumer

Louke à ti qu' ti n' tomes.

 

litt. Regarde à toi (de peur) que tu ne tombes.

Sois sur tes gardes. — Iron. Tu prends des précautions quand il ne faut pas en prendre. Cave ne cadas.

 

2958

toumer

À tot risse, s' i n' tome rin d'vins, i n' toumerè rin foû.                          (ferrières)

 

litt. A tout risque, s'il ne tombe rien dedans, il ne tombera rien dehors.

Si cette affaire ne nous donne pas de bénéfices, nous sommes certains de n'éprouver aucune perte.

 

2959

toumer

Si vos toumez là, vos nè l' raconterez mây.

 

 litt. Si vous tombez là, vous ne le raconterez jamais. Vous ferez une chose dont vous ne pourrez vous vanter.

 

 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2960-2969

2960

ton

TON

C' èst l' ton qu' faît l' tchanson.

 

litt. C'est le ton qui fait la chanson.

C'est la manière dont on dit les choses qui dénote l'intention de celui qui les dit. (Littré)

Pr. fr. — C'est le ton qui fait la musique.

 

2961

tonê

TONNEAU

Li tonê sint todi l' harin.

 

litt. Le tonneau sent toujours le hareng.

Il reste toujours quelques traces de l'état où l'on s'est trouvé, des mauvaises impressions qu'on a reçues dans sa jeunesse.

(ACAD.)

Pr. fr. — La caque sent toujours le hareng. — Le mortier sent toujours les aulx.

Que semel est imbuta recens, servabit odorem

Testa diu.

(HOR. Epist. I, 2.)

Le hart sent toujours le fagot.

(OUDIN. Curiosités françaises. 1640)

 

var. Marche  Lès vatchîs sintèt todi l' flate.

 

Mons  Qué volez, fieus ? L' cake sint toudi lès hérins.

 

Saint-Quentin   L' cake, èle sint toujoûrs l' èrin.

 

Bourgogne   Leu motè sant tojors lés-aus.

(Bernard de la Monnoye. Noël Borguignon. 1700)

 

2962

tonê

Les vûds tonês sonèt pus fwèrt qui lès plins.

 

litt. Les tonneaux vides résonnent plus fort que les pleins.

A l'origine et l'explication de ce proverbe, dit M. Quitard (Dict., p. 670), se trouvent dans ce mot de Phocion : Les grands parleurs sont comme les vases vides, qui résonnent plus que les pleins. »

Pr.fr. — Les tonneaux vides sont ceux qui; font le plus de bruit.

Pr. chinois : Les grosses cloches sonnent rarement.

Ung vaisseau vuyde sonne plus haut que le plein.

(Bouvelles. 1531)

 

Quand, de vanter ses fait, tu vois un homme avide,

Ne prends pas pour de l'or tout le clinquant qui luit.

Frappe sur tes tonneaux, lu verras le plus vuide

Faire toujours le plus de bruit.

(Poète anonyme. XVIIe siècle)

 

On prétcha à s' fé asmatike,

 sudjèt dès miséres publikes.

Èt cès sièrmons, si bons, si bês,

N' ont faît qui l' brut d' on vûd tonê.

(Hanson. Li Hinriâde travèstèye. Ch. III. 1780)

 

Lès grands blagueûs, c' èst come lès vûds tonês qui rèsdondèt pus fwèrt qui lès plins.                                                                                         

(Forir. Dict.)

 

variante   C' èst todi lès vûds tonês qui fèt l' pus d' brut.

 

Stavelot   C' èst l' vûd tonê qui fêt l' pus d' brut.

 

Namur  C' èst lès tonias vûdes qui faîyenut l' pus d' brût..

 

var. Namur  On tchaur vûde faît pus d' brût qu' on tchaur plin.

 

var. Tournai  In câr vîde faît pus d' brwit qu' in câr plin.

 

2963

tone

Il a v'nou â monde so 'ne tone di bîre.

 

litt. Il est venu au monde sur un tonneau de bière.

Il a les jambes écartées. Se dit d'un bancal.

 

variante   Il a lès djambes à sâbe.

litt. Il a les jambes en lames de sabre.

 

On dit d'un cagneux :

I crohe dès neûhes.

litt. Il croque des noisettes.

 

2964

tonîre

TONNERRE

Li tonîre tome so l' pus haut tiér.

 

litt. Le tonnerre tombe sur la plus haute montagne.

Plus on est élevé, plus on est exposé à être atteint.

Sœpe ferit Jupiter sublimes fulmine montes.

(LEJEUNE. Proverbia familiaria. ini.)

 

Marche  Li tonîre tome so lès grands tiérs.

 

2965 

lavète

TORCHON

Nèt' come ène lavète. (mons)

 

litt. Net comme un torchon.

Sans faire un pli ; sans hésiter.

 

Mons

Li Bokèt Tu vas d'juner avé m' pauve carcasse, insi ?

L' èrnârd  Ô ! nèt' come ène lavète, ça, fieus.

(Letellier. L' Èrnârd èyèt l' bakèt. Fauve. Arm. dé Mont, 1847)

 

Mons  Ajoutez, basse, si ça n' canje nié, mi dj' démande èm' compte, nèt' come ène lavète.

(Letellier. Èl baudèt qui candje dè maîte. Fauve. Arm. dé Mont. 1849)

 

var. Mons et Nivelles.    Nèt' come busète.

 

2966

twèrt

TORT

L' ci qui n' èst nin là a todi twèrt.

 

litt. Celui qui n'est pas lu a toujours tort.

Pr. fr. — Les absents ont tort.

« On les oublie, ou, si l'on s'occupe d'eux, c'est presque toujours à leur désavantage. » (Quitard. Dict., p. 8.)

L'éloge des absents se fait sans flatterie.

(Gresset)

Absens hœres non erit. (axiome de droit)

On dit aussi : Le mort a toujours tort. — Un homme mort ne pouvant plus se défendre, on rejette la faute de beaucoup de choses sur lui. (ACAD.)

 

variante   On roûvèye vite lès-absints. — Lès-absints ont twèrt.

(Forir. Dict.)

 

Basse-Allemagne. — Der Abwesende (wer nicht zugegen ist), hat immer unrecht.

 

2967 

twèrt

C' èst l' ci qui deût qu' a twèrt.

 

litt. C'est celui qui doit qui a tort.

On présume toujours que, quand on plaide, c'est qu'on ne veut pas payer. (LITTRÉ)

Pr. fr. - Qui doit a tort.

 

2968

tot

TOT

Ci n' èst nin l' tot di s' lèver timpe, c' èst d' ariver à l' eûre.

 

litt. Ce n'est pas le tout de se lever tôt, (l'essentiel) c'est d'arriver à l'heure.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

(LAFONTAINE.)

Cf. L'Emploi du temps, par Fr. rouveroy.

 

2969

toucher

TOUCHER

Qui touche, moule. (Tournai)

 

litt. Celui qui touche, mouille, pâtit (subit les conséquences). Qui boit paie; qui accepte, s'engage.

 

Tournai. Pou ç' qui s' ajit d' nos dreots d'ssus ç't-ouvradje, atencieon : qui touche moule.

(Ach. Viart. Vieu garcheon et mèkène. Comédie. Avis. 1891)

 

 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2970-2979

2970

toûr

TOU

Toûr à toûr, grand-mére l' a dit.

 

Litt. Tour à tour, grand'mère l'a dit.

Pr. fr. — Chacun son tour.

Un bonheur continu rendrait l'homme superbe,

Et, chacun à son tour, comme dit le proverbe.

(Molière. L'Ecole des femmes. V, sc. 8)

 

Asteûre, dji va tchanter ossi,

C' èst toûr à toûr, grand-mére l' a dit.

(Dehin. Li traze di mây, scène liégeoise. 1846)

 

variante  Chaque si tour, comme à k'fesse.

 

Basse-Allemagne. — Einer nach dem Anderen.

 

2971

toûr

Ci qui n' a qu' on toûr,

Nu vike qu' on djoûr. (Malmedy)

 

litt. Celui qui n'a qu'un tour,

Ne vit qu'un jour. Il faut être adroit pour vivre, pour se tirer d'affaire.

 

2972

Tournè

TOURNAI

Tournè èst bâti sur rok,

I n-da nu qui s' in va qui n' ratrote.

(Tournai)

 

litt. Tournai est bâti sur un roc,

Il n'y a aucun qui s'en aille qui ne revienne.

Le souvenir de Tournai est vivace, durable comme le roc sur lequel la ville est assise. Tournai est cher à ses enfants, ceux qui le quittent ne l'oublient jamais et y reviennent un jour.

Joli dicton qui dépeint bien l'amour du tournaisien pour sa ville natale.

 

2973  

Tossint

TOUSSAINT

A l' Tossint,

L' aîsse èst plin.

 

litt.  A la Toussaint,

L'âtre est rempli. On se rassemble autour du foyer.

(FORIR. Dict.)

 

2974

racuser

TRAHIR

On-èst sovint racusé dès-èfants.

 

litt. On est souvent trahi par les enfants.

 

Les enfants divulguent souvent ce que nous voudrions tenir caché.

Cf. La série des caricatures des Enfants terribles (par Gavarni).

 

2975

traît

TRAIT

N' aveûr ni traît ni k'ssètchî. (Malmedy)

 

litt. N'avoir ni trait ni crochet.

N'avoir rien à démêler avec quelqu'un.

 

2976

traîtî

TRAITER

Traitî come on tchin.

 

litt. Traiter comme un chien.

Traiter quelqu'un avec toute la rigueur possible.

Pr. fr. — Traiter quelqu'un de Turc à More.

 

Basse-Allemagne. — Einen wie einen Hund behandeln.

 

2977

trankilemint

TRANQUILLEMENT.

Trankilemint come Batisse.

 

litt. Tranquillement comme Baptiste.

Se dit d'un homme qui montre de l'indolence ou de l'apathie dans quelque circonstance où il faudrait agir. C'est une allusion aux rôles de niais qui, dans les anciennes farces, étaient désignés ordinairement par le nom de Baptiste. »

(QUITARD, Dict., p.106)

 

Etre au,comble de ses désirs. Cité par Forir. Dict.

 

Charleroi. I gn-a droci on pus', dèskindons rade dèdins,

Nos d-alons bwâre pou rin, bin tranquîye come Batisse.

(Bernus. Li r'naud èyèt l' bouk. Fauve. 1873)

 

Mons  I culbute èl pauve pètit Lustucru qui ètwat là, bé tranquîe come Batisse, aveu s' capiau pwintu su s' tiète.

(Descamps. Èl pètotier, scène montoise. 1887)

 

var. Mons ;Batisse

J' prinds toudi lès 19 corones... A r'vwar, savez, bon Dieu, tenez, vos n' sarez pas vos figurer combe què j' sû eûreûs. Et là-d'ssus, Batisse s' en-alwat contint, mais contint ; c' èst même dé d'là qu' èst v'nu l' provèrbe : Contint come Baptisse.

(Letellier. Armonake dé Mont. 1853.)

 

var. Nivelles

Là d'ssus, Lucifêr crîye, tout contint come Batisse :

Courâdje ! qwand vos warez in bia fè d' artifice,

I luminera l' infêr.

(Renard. Lès-avent. dè Djan d' Nivèle. Ch. V. 1857)

 

2978

ovrer

TRAVAILLER

Ovrer come on bètche-fiér.

 

litt. Travailler comme un pic-vert.

Travailler assidûment, sans se laisser distraire, sans détourner la tête (allure de cet oiseau).

 

variante  Ovrer come on tchin d' clawetî.

 

2979

travahî

Travayî n' ahontët pèrsone,

Mins l' ambicion r'wëne one maujone.

(JODOIGNE)

 

litt.   Travailler ne déshonore personne,

Mais l'ambition ruine une maison.

Le travail est honorable ; le désir de paraître est souvent désastreux.

 

     

 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2980-2989

2980

trèbuker

Quand on s' trèbuke trop sovint,

On tchaît l' nez dins l' côrin. (namur)

 

litt.   Quand on trébuche trop souvent,

On tombe le nez dans la bouse.

Il faut veiller à soi, il ne faut pas s'exposer à commettre de nouveau une faute que l'on a déjà commise.

 

2981

bouter

I n' boute quë quand n-a l' quèwe dë ramon à së spale.                                           (Jodoigne)

 

litt. Il ne travaille que quand il a la queue du balai aux épaules.

C'est un paresseux qui ne travaille que quand il le faut et par suite des menaces ou des mauvais traitements qu'il reçoit.

 

2982

trèbouhî

TRÉBUCHER

L' ci qui n' vout nin s' trèbouhî, qu' i louke divant lu.

 

litt. Celui qui ne veut pas trébucher, qu'il regarde devant lui.

Celui qui ne veut pas faillir doit s'observer.

 

variante 

Tonton

Alez-î pus p'titemint, ça vârè bêcôp mî ;

Li ci qui coûrt trop reûd, riskêye di s' trèbouhî.

(REMOUCHAMPS. Tâti l' pèrikî. II, sc. 1re. 1885)

 

2983

trèbouhî

Quî s' trèbouhe, (s') avance.

 

litt. Qui trébuche, avance.

« Il arrive quelquefois que les circonstances rendent utile ce qui devait nuire. » (Remacle)

 

Qui s'abuche se s' avance.

(Frère Gérard, de Liège, mort en 1270 ; extrait de 78 sermons sur les fêtes de l'année.)

Abuchier : buter, trébucher.

(GODFROY. Dict.)

 

2984

trèbouhî

On s' trèbouhe bin sins toumer.

 

litt. On trébuche bien sans tomber.

On peut faire une chose désagréable, éprouver un accident, sans en subir les suites.

 

2986

tronler

TREMBLER

Tronler lès balzins. (*)

 

(*) balzin, de balziner, chanceler.

 

litt. Trembler le chancellement. Avoir grand'peur.

(Dictionn. de l'Académie.)

Pr. fr. — Trembler le frisson. (LiTTRÉ.)

Cité par forir. Dict.

 

Ine fouye qui tome, l' vint qui sofèle,

L' oûhê qui vole, tot èl troûbèle,

Èt lî fêt tronler lès balzins.

(bailleux. Li lîve èt lès rin.nes. Fâve. 1851)

 

Qwand il atome

D' èsse ome po ome,

C' èst l' foye â vint :

Is tronlèt lès balzins.

(Thiry. Li pèron. Chanson. 1859)

 

Èle dola insi tot li d'manant dè l' djoûrnêye ; tronlant lès balzins â monde brût, di fwèce qu èlle pinséve qui c' èsteût si-ome qui riv'néve.

(Magnée. Baîtrî. 1865)

 

Namur

Mi, dji dwès viker come one èsclâve, tron.ner l' balzin tote li chîje èt vos vêroz dîre qui dj' vos chêrche après.

(Mârmite. 1889)

 

var. Namur 

On n' èst nin nauji di s' vîye,

Faut mia moru d' maladîye;

Dj' a mi stoumak qui rôkîye,

Dji n' è pou pus, dj' a l' balzin.  

(WÉROTTE. Djène èt Nanèche au tch'min d' fiér. Ch. 1867. 4e éd.)

 

variante    Tronler lès hosètes.

 

litt. Trembler les houseaux.

 

D' èstant qu' i tronléve lès hosètes, sès mimbse halcotît si èwarêyemint qui l' crèn'kin lî hipa foû dès brèsses.

(MAGNÉE. Li crèn'kinî dè prince-abé di Stâveleû. 1867)

 

Lille  I tran.ne lès guinguètes.

 

2987

tripe

TRIPE

Pus d' pourcê, pus d' tripe.

 

litt. Plus de porcs, plus de tripes.

Les chances de réussite sont en raison directe des éléments dont on dispose. — Les bénéfices sont en raison directe des capitaux.

 

On dit aussi :

Pus d' pône, pus d' mèrite,

Pus d' pourcê, pus d' tripe.

(HOCK. La famille Mathot. 1865)

 

La récompense est en raison du travail.

 

2988

tripe

R'nâder tripe èt boyê.

 

litt. Vomir tripes et boyaux.

Vomir avec de grands efforts. (acad.)

Pr. fr. — Il a failli rendre tripes et boyaux.

 

2989

tripe

Diner dè l' tripe sorlon l' pourcê.

 

litt. Donner des tripes selon le porc.

Donner à chacun sa part ; faire le partage loyalement, d'après les mises.

Cité par Forir. Dict.

 

Jeannette Volez-ve co on bokèt? tinez, volà l' pus bê.

Colas C' èst trop'; dinez-me dè mons dè l' tripe sorlon l' pourcê.

(Delchef. Li galant dè l' sièrvante. I, sc. 3. 1857)

 

INE FEUME À SI-OME

Dji m' aveû, boutant vosse ramadje,

Faît dè marièdje, on bê tâvelê.

C' èst promète pus d' boûre qui d' froumadje.

— Dji done dè l' tripe sorlon l' pourcê.

(Thiry. Quatrins. 1868)

 

S' i n' sét fé come on dit sès tripes sorlon l' pourcê,

C' èt-st-à dîre si forfaît pus qu' i n' âye di rivenowe,

I n' sârè mây ôtemint qui d' sètchî l' diâle po l' quowe.

(Remouchamps. Les deûs vwèsins. 1876)

 

variante.  Nosse pourcê n' aveût nin pus d' tripe.

 

var. Stavelot.  Lu pourcê n' aveût nin pus d'tripe.

 

 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2990-2999

2990

tripe

Is n' si pwèrtèt nin dè l' tripe.

 

litt. Ils ne se portent pas (l'un à l'autre) du boudin.

Ils ne se fréquentent pas.

Il est d'usage, dans beaucoup de villages du pays de Liège, de se porter réciproquement, entre voisins et amis, une portion de viande qui se compose principalement de saucisse et de boudin. Quand deux voisins sont en froid : Is n' si pwèrtèt nin dè l' tripe. C'est du moins l'habitude des villageois qui font tuer un porc pour leur propre consommation. (Delarge.)

La portion donnée se nomme drèssêye.

 

2991

tripe

Catchîz vos tripes.

 

litt. Cachez vos tripes.

Cri des gamins de la rue quand ils voient passer une dame mettant trop ouvertement en pratique l'axiome Il n'y a que le nu qui habille.

 

2992

treûs

TROIS

Treûs, c' èst trop' èt deûs, c' èst trop pau.

 

litt. Trois c'est trop et deux c'est trop peu.

Se dit dans les campagnes pour donner une idée de la largeur des sillons. Quand on traverse un champ labouré, perpendiculairement à la direction suivie par la charrue, une enjambée (ascohèye) mesure ordinairement un peu plus que la distance qui sépare deux sillons, mais n'atteint pas le troisième.

M. L. COLLETTE donne une autre explication :

deux. La femme et le mari s'ennuient quand ils sont face à face. — trois. Mais ce n'est pas une raison pour admettre un tiers dans le ménage.

 

2993

mari

TROMPER

I gn-a qui l' ci qui n' faît rin qui n' si marihe mây.

 

litt. Il n'y a que celui qui ne fait rien qui ne se trompe jamais.

Tout le monde peut se tromper. — Errare humanum est.

 

2994

mari

On n' si marihe mây à s' damadje.

 

LITT. On ne se trompe jamais à son désavantage.

Il ne se trompe que quand l'erreur tourne à son avantage. (LITTRE)

Pr. fr. C'est un homme qui ne se trompe qu'à son profit.

(OUDIN, Curiosités françoises, 1640)

 

2995

mari

On s' marihe bin sins beûre.

 

LITT. On se trompe bien sans boire.

Il ne faut pas toujours attribuer à l'ivresse les erreurs que l'on peut commettre. On peut se tromper sans avoir perdu la raison.

 

Qu' è volez-ve? Nin pus onk qui l' ôte,

On faît tos dès bièstrèyes so s' môde.

On s' marihe bin sins beûre, di-st-on.

Enfin, djans, vole-là-st-è prîhon.

(MONSEUR, Li brakeni, Conte, 1899)

 

NIVELLES I d-a ieû min.me bran.mint dès cyins à l' inviêrs dès comandements, maîs après tout, on s' trompe bî sans bwâre.

(Revue de la garde civique, L'Aclot, 1890)

 

2996

trop'

TROP

Quî a trop' èl dispâde.

 

LITT. Qui a trop, le gaspille (/ l'épanche).

Allusion à un vase plein.

Les gens très riches connaissent mal le prix de l'argent.

On dépense ais'ment ce qu'on n'a pas eu la peine de gagner.

 

2997

trop'

Li mot d' trop' ni vât nin mî qui l' ci d' pau.

 

LITT. Le mot de trop ne vaut pas mieux que celui de peu.

Il faut en tout prendre un juste milieu.

V. QUITARD, Dict., p. 673.

Nul trop n'est bon, ne peut assez.

(prov. communs, XVe siècle)

Est modus in rebus. (HORACE)

 

2998

trop'

Trop', c' èst trop'.

 

LITT. Trop, c'est trop.

Tout excès est blâmable. (LITTRE)

Pr. fr. Trop est trop.

Ne quid nimis.

Cité par FORIR. Dict.

 

VAR. NAMUR  Timps-in timps on côp, c' èst bon.

Mins, di-st-i l' provèrbe, le trop nuit à tout.

 

2999

trote

TROT

Èvoyî à l' trote.

 

litt. Envoyer au trot (trotter).

Envoyer faire lanlaire, envoyer promener, se débarrasser sans cérémonie de quelqu'un qui importune. (littré )

 

N' sèrè-ce nin glorieûs po 1' Lîdjwès,

Di vèy nos-in.nemis âs-abwès,

Is s'ront sûremint à l' trote,

È bin !

Avou 1' rossète calote,

Vos m' ètindez bin.

(Paskèye patriyotike. 1790. Rec. BODY)

 

S' i faléve co rik'mincî l' djeû,

Pinsez-ve, mèssieûs lès patriyotes,

Qui vos trouverîz co lès bordjeûs ?

Nèni, i v's-èvôrît à l' trote.

(Retour du prince Hoensbroeck. Ch. 1791. Rec. BODY)

 

Adiè, mèssieûs Commodité,

L' Egalité èt l' Liberté,

Adiè l' âbe avou s' rodje calote,

Adiè, vos v'là turtos à l' trote.

(Li novê Constantin. 1792. Ch. Rec. body)

 

var. jalhay. gabite.

Wice sont-is ? À l' porète ?... su n' a-dje nin co vèyou l' quowe lûre da Tiodôre.

(xhoffer. Lès deûs sorodjes. II, sc. 9. 1862.)

 

var. Mons. Invoyer à l' porée. (Choux étuvés, épinards bouillis.)

(SIGART. Dict. 1870)

 

var. Auvergne.  Envoyer sous le tio (cul) do four.

 

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07/01/2017

Spots (Dejardin) (sûte) : 3000-3009

3000

trau

TROU

Quî louke â trau n' èst nin co mwèrt.

 

litt. Celui qui regarde au trou n'est pas encore mort.

Quolibet adressé aux curieux, aux indiscrets.

Cité par Forir Dict.

 

Golzau  Èt pwîs vos-èstez bèle à vwèr.

Marèye Bada Qui louke â trau n' èst nin co mwèrt.

(De Harlez, de Cartier, etc. Li voyèdje di Tchaufontin.ne. II, sc. 4. 1757)

 

Dji va so l' sou èt po mî vèy dji m' mèt' so l' bètchète di mès pîds. Ey, di-st-onk, brèyant di s' pus fwèrt : Quî louke â trau n' èst nin co mwèrt.

(DUMONT, Mathî l' Ohaî, Cantate. B. et D.. Choix de chansons.)

 

Ci fout apreume adon, qui lès-assidjîs provît qui 1' ci qui louke â trau n' èst nin co mwèrt, ca leû keûstisté n' èsteût qu' on beû.

(MAGNÉE, Li crèn'kinî dè prince-abé di Stâvleû, 1867)

 

3001

trau

Soris qui n' a qu' on trau èst bin vite prîse.

Ou :  Pauve soris, qui n' a qu' on trau !

 

litt. Souris qui n'a qu'un trou est bien vite prise.

Ou :  Pauvre souris, qui n'a qu'un trou !

Quand on n'a qu'une ressource, qu'un expédient, il est difficile de réussir, de se tirer d'affaire. (Acad.)

 

Pr. fr. — Souris qui n'a qu'un trou est bientôt prise. — Il est bon d'avoir deux cordes à son arc. — II ne faut pas mettre tous ses œufs dans un même paniur.

Dolente la souris qui ne set qu'un seul pertuis.

(XIIIe siècle.) Cité par Forir. Dict.

 

Tatène

Qwand on n' a nole mohone prète

Et qu' on deût baguer so 1' côp,

C' èst so l' pavêye qu' on repète :

Pauve soris, qui n' a qu' on trau.

(willem et bauwens. Les toûrsiveûs, Sc. 3. 1882)

 

Verviers. LISA

L' soris qui n' a qu' on trau, dit-st-on, èst bin rade prîse,

Dj'a l' tchance d' aveûr intrêye so deûs rowes è m'  noûve djîse.

(Renier, Li mohone à deûs faces, Sc. lre, 1873.)

 

var. Verviers Pauve runaud qui n' a qu' ô trau.

 

var. Namur Soris sins trau èst bin rade prîje.

 

Marche   Pauve soris qui n' a qu' on trau.

 

var. Marche   Pauve sôdàr qui n' a nin s' fèsik.

 

Charleroi  

Dins ç' monde-ci, bièsse èt djins, r'tènèz bin ça, Françwèse,

C' èst qu' ène soris qui n' a qu' in trau, c' è-st-ène pauve bièsse.

(BERNUS, Li mârcote dins l' guèrnî, Fauve, 1873)

 

Jodoigne  Pôve sorës quë n' a qu' on trau.

 

var. Nivelles  Poûve soris qui n' a qu' in trau.

 

3002

trau

I n' faut nin stoper les traus pa èwou-ce qui lès-êwes vègnenut. 

(Namur)

 

litt. Il ne faut jamais boucher les trous par où les eaux viennent.

Il ne faut pas se priver de ressources à venir, dépenser son revenu d'avance.

 

Pr. fr. — Tuer la poule aux œufs d'or. — Manger son blé en herbe.

 

var. Beauraing.

Lèye, èlle aveut l' pacyince do v' choûtè, do v's aurdè,

Pace qu' on n' sitope nin l' trau pa wice qui lès sous v'nèt.

(Vermer, Lès sôléyes, 1802)

 

var. Jodoigne.

I n' faut jamaîs stoper l' trau pa où qu' lès caurs vèn'nèt.

 

var. Nivelles.    

I n' faut jamaîs bouchî l' trau pa iuce-què lès liârds viènent.

 

3003

trau

Ottant d' traus, ottant di tch'vèyes.

 

litt. Autant de trous, autant de chevilles. 

Se dit en parlant d'une personne qui trouve à tout, des réponses, des excuses, des défaites, des expédients. (ACAD.)

 

Pr. fr. — Autant de trous, autant de chevilles ; autant de chevilles que de trous.

 

Il n'y a point de trou qu'il n'y trouve une cheville.

(OUDIN. Curiosités françaises. 1640)

Cité par Forir. Dict.

 

Dinant                                       

Douwârd  Avou one miète di chance..... èt on pinson come dj' ènn' aî onk.....gn-a ostant d' traus qui d' coches.

(V. Collard,  Li tinderîye à  l' amourète,  I, sc. 8. 1890)

 

3004

trau

Vola l' vraî trau dins l' èplausse. (namUr)

 

litt. Voilà le vrai trou dans l'emplâtre.

Voilà la partie faible.

 

Pr. fr. — Voilà le hic. — Voilà l'enclouure. — Voilà le défaut de la cuirasse.

 

Namur

Dj' a rovî one saqwè, i faut qui dj' vos-è cause,

Ca c' èst là l' grande afaîre, li vraî trau dins l' èplausse,

Li plus grand tch'vau d' bataye di nos pus grands savants.

(DEMANET. Oppidum Atuaticorum. 1843)

 

var. mons.                          

Vwar èl  joûr pa l' trau.

 

3005

trau

I l' a faît intrer d'vins on trau d' soris.

 

litt. Il l'a fait entrer dans un trou de souris.

Se dit d'un homme qui en fait trembler un autre, par sa présence. (Acad.)

 

Pr. fr. — II le ferait mettre dans un trou de souris. Cité par Forir. Dict.

 

3006

trau

I fât turtos passer po l' min.me trau.

 

litt. Il faut passer tous par le même trou.

Il nous faut tous mourir.

 

3007

trau

Fé on trau è l 'leune.

 

litt. Faire un trou à la lune.

S'enfuir sans payer ses créanciers. (Acad.) — Faire faillite, manquer à ses engagements.

 

Pr. fr. — Faire un trou à la lune.

 

variante    Fé on trau è s' meur.

V. quitard. Dict., p. 510. Cité par Forir. Dict.

 

Dji veû dès cis qui fèt fôrteune,

Et qu' ont todi l' pleume â tchapê.

Sûremint qu' is fèt dès traus è l' leune.

Ou qu' is ramassèt â hopê.

(HOCK. Li blanc skèlin. 1860)

 

Verviers                 

Aglidjant bîse à l' fôrteune,

Pûrit fé dès traus è l' leune.

(Renier. Spots rimês, 1871)

 

Namur             

Li cia qu' aureûve faît on trau didins l' lune,

Ni vôreûve pus travayî, c' èst conu.

(J. Colson. L' égalité, Ch. 1862)

 

Beauraing  

C' è-st-aujîye à pinsè qwand gn-a tos lès djoûs piètes,

On faît des traus dins l' lune, èt po payî lès dètes,

I faut vinde tot ç' qu' on-z-a.....

(vermer. Lès sôléyes, 1862)

 

Mons

Cè n' èst niè lès riches què l' gouvèrneumint veut qui leû bayetèt dès iârds pour boucher sès traus à la lune.

(Arm. dè Mont. 1884)

 

3008

trau

Èsse di l' aute costé dè trau qu' lès qwate boûfs ont passé.

 

litt. Etre de l'autre côté du trou par où les quatre bœufs ont passé.

Etre à l'abri, hors d'un mauvais pas, d'une méchante affaire.

 

Dj' ènnè a k'nohou co traze qui s' avît bin pinsé,

Di l' ôte costé dè trau qu' lès qwate boûfs ont passé.

(Thiry, Ine copène so l' manèdje, 1858)

 

Mâgré qu' çoula li warantihahe qu' il èsteût po l' moumint, à l' avrûle di saqwantès riskeûres, i n' èsteût portant nin co di l' ôte costé dè trau qu' lès qwate boûfs ont passé.

(MAGNÉE. Li crèn'kinî dè prince  abé di Stâveleû, 1867)

 

variante.

Maîs 'le n' èsteut nin où-ce qui lès qwate boûfs ont passé,

Qui dè contraîre; ca d'vant qu' èle n' eûyihe clôs 'ne oûy,

Li vèye feume, come on spér, aléve lès tracasser

Et tote li nut' â long, l's-î aléve tchanter pouye.

(Bailleux. Li vèye feume èt sès deûs fèyes, Fâve, 1856)

 

variante

Atote, dè coûr, nos-èstans francès,

— Vos n' èstez nin co wice qui lès qwate boûfs ont passé ; dji côpe.

(HOCK, La famille Mathot, 1866)

 

variante

Maîs dji n' èsteû nin co wice-qui lès qwète boûfs ont passé.

(Peclers, Djérâ l' afiché, Ch. 1877)

 

3009

tropê

TROUPEAU

S' i gn-a 'ne mâle bièsse è tropê, c' èst lèye qui v's-oyez brêre.

 

litt. S'il y a une mauvaise bête dans un troupeau, c'est celle-là que vous entendez crier.

Les méchants s'empressent toujours de se plaindre.

 

Ll BOTERÈSSE

Ci n' ârè stu qu' vos deûs, qu' ont stu câse di l' afaîre,

S' n-a 'ne mâle bièsse è tropê, c' èst lèye qui v's oyez braîre.

(Hannay,  Li mâye neûr da Colas, II, sc. 5. 1866)

 

 

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