24/04/2017

Spots (Dejardin) : sûte: 2780-2799

2780 

Frantchimont

FRANCHIMONT

Lès vérts vantrins.

 

litt. Les tabliers verts.

Les troupes franchimontoises portaient un uniforme vert et blanc, couleurs du marquisat ; communément on les désignait sous le nom de vérts vantrins.

« Le légat Onufrius, dans son rapport sur la destruction de la cité de Liège par Charles-le-Téméraire, en 1468, nous apprend que les montagnards de Franehimont, qui étaient l'élite des forces liégeoises, étaient appelés d'ordinaire, les compagnons des vertes tentes. Vraisemblablement leur costume, ou du moins la couleur, n'avait pas varié depuis trois siècles.

(A. BODY. Chansons patriotiques. Glanes)

 

SPA

L'histwère nos dit qu' dè timps passé,

Lès lîdjwès s' ont révolté.

C' èsteût dès Chirous, dès Grignous,

Lès vérts vantrins, mêlés avou.

(Paskèye. 1787. Ch. patriotiques. Rec. BODY)

 

SPA

Maîs c' èst bin ôte tchwè,

Lès Franchimontwès

Is sorpassèt, su dju n' mu trompe nin,

Po l' djoû d' hoûy, lès vérts vantrins.

(Li sîdje di Frantchimont. Ch. patriotiques. 1790. Rec. BODY)

 

2781 

Li Glègn

GLAIN

Halbôssâs

 

On sait qu' on donne encore aux habitants de Glain l'épithète de halbôssâs, équivalente de câlins, mètchants, moûdreûs.

Dans des temps reculés, il y eut, paraît-il, une génération de glaintois de mœurs sanguinaires et barbares ; de là cette épithète de halbôssâ qui fut, peut-être, le nom de l'un d'entre eux.

Ces halbôssâs, d'humeur querelleuse, descendaient souvent le faubourg semant partout la terreur.

(Em. Djèrârd. Le faubourg Sainte-Marguerite. B. t. XI, 2e se)

 

2782 

Gôzéye

GOZÉE

Lès boûtîs

 

litt. Les bouviers.

Le jour des élections communales, on réunissait tous les bœufs de la localité dans une prairie, où se trouvaient les candidais. Celui d'entre ceux-ci qui était le premier flairé par un bœuf, était proclamé bourgmestre. De là, le sobriquet de Boûtîs (les bouviers).

(A. Harou. Blason populaire. 1891)

 

2783

Hêve

HERVE

Lès Hêvurlins.

 

litt. Les Herviens.

Ce nom est donné indistinctement aux habitants et aux fromages de cette ville.

 

Ah ! qui dji m' rafèye,

D' èsse bin lon dè l' vèye.

Po diveni d'min Hêvurlin,

Dji donreû dès skèlins.

(Alcide PRYOR. On voyèdje à Vèrvî. 1883)

 

VERVIERS

Dju so d' Hêve, èt dju r'vé d' Hêve,

Dju so l' fis d' on Hêvurlé,

Ossu v' vèyez bin à m' djaîve

Quu dju n' so ni gueûs ni tché.

(M. PIRE. Lu djoweû d' oû. Ch. 1874)

 

2784

Hu

HUY

Rondia, Pontia, Bassinia.

 

Les trois merveilles de Huy. La rôse (fenêtre) de la Collé­giale, le pont sur la Meuse, le bassin en pierre, aux Croisiers (d'autres disent : la fontaine sur la place).

Venez donc à notre aide, ou bien comptez sur table, Que Pontia, Bassinia, Rondia, tout est au diable.

(DU VIVIER. Cinéide. Ch. VI)

Les mots que les Français terminent en eau et les Liégeois en ê (couteau, chapeau, coûtê, tchapê), prennent, à Huy, la désinence ia (coutia, chapia); de là, par plaisanterie, cette finale donnée exceptionnellement à des vocables qui ne le réclament pas.

 

2785

Djodogne

JODOIGNE

Lès mèdauds d' Djodogne.

 

litt. Les médards de Jodoigne

Sobriquet donné par les Wavriens. Il fait allusion au patron de Jodoigne, saint Médard, qui est en même temps le patron des fous ; cela équivaut donc à : les fous, ou les toqués de Jodoigne.

 

2786

Lîdje

LIEGE

Tièsses di hoye.

 

litt. Tête de houille.

Allusion à la fermeté et à la fougue des Liégeois, résistants comme le charbon de terre et tout aussi prompts à s'enflammer.

V. Ferd. Henaux. La houillerie du pays de Liège. Liège, Desoer, 1861, in-8°, p. 29.

Cité par FORIR. Dict.

 

LÎNA

Dji lî frè vèy, sins fé tant d' brût,

Qu' ine tièsse di hoye èst bone por lu.

(FABRY. Li Lîdjwès ègadjî. II, sc. 2. 1781)

 

Cial, i présinte dès bais rotchèts ;

A cès-là, dès findous bonèts ;

 friyand, di qwè fé gogoye ;

Dès côps d' baston âs tièsses di hoye.

(HANSON. Li Hinriâde travèstèye. Ch. IV. 1780)

 

L' union faît l' fièsse, volà li spot,

Qui Tîhon, Walon nos lôye tot ;

Lès tièsses di hoye, lès mâheûlés,

 dandjî, divenèt come dès frés.

(Curé DUVIVIER. Li rwè Léyopôld à Lîdje. 1886)

 

A Lîdje, on n' èst nin fâs, on-z-in.me à dîre li vraîy,

N's-avans dès tièsses di hoye, maîs nos-avans bon coûr.

(J. LAMAYE. Adresse au Roi. 1886)

 

2787

Lîdje

LIEGE

Chirous  -- Grignous.

 

Ces sobriquets devinrent les noms des deux factions qui désolaient la cité.

 

DJÈRÂ

Nos-avans cial dès k'méres,

Pés qu' dès vipéreq.

Sont dès Chirous,

Sont dès Grignous,

Qui s' kibatèt à v' fé pawou.

(CE HARLEZ, DE CARTIER, etc. Li voyèdje di Tchaudfontin.ne, I, sc. 3. 1787)

 

ORIGINE  Dans le mois de juin 1633, trois cents jeunes gens des plus riches familles, s'organisèrent en compagnie militaire. Ils se mirent au service du prince pour défendre la foi catho­lique. Ils portaient un pourpoint étroit et des culottes flottantes, de couleur sombre, qu' ils relevaient par une gorgerette blanche et des chausses blanches.

Un jour qu' ils assistaient sur le marché à la décapitation d'un hérétique, un plaisant les appela Chiroux. Ce mot, qui dans l'idiome wallon désigne l'hirondelle de fenêtre, blanche sous le cou et sous le ventre, eut un rare succès.

Les Chiroux traitèrent les railleurs de Grignoux, c'est-à-dire de grognards, d'impies, de mutins.

(F. Henaux. Hist. du pays de Liège. 3e éd., t. II, p. 390)

Un contemporain, Foullon, fils de Chiroux, et Chiroux lui-même, rapporte que ce fut le costume bizarre de ces jeunes gens qui leur valut ce sobriquet : visus est similis Chiroutio, sic vulgo hirundinem apodem vocant, plumis brevia crura contectam. On appela aussitôt Chiroux tous les partisans du prince : transiit mox appellatio ad omnes principis fautores. (Historia Leodiensis compendium, p. 225)

(F. Renaux. Hist. du pays de Liège. 3e éd., t. II, p. 390, note)

 

Urbs autem in duas praecipue factiones dividebatur, Chiroutiorum ao Grignouiorum.

(Brachelius. Historianos tritemporis. 1652. T. I, 259)

 

2788

Lîdje

LIEGE

Magneûs d' dorêye, magneûs d' tripe.

 

litt. Mangeurs de tarte, mangeurs de boudin.

Deux noms bizarres indiquaient alors (vers 1678), les deux partis divisant Liège, les partisans du prince (Maximilien Henri de Bavière) s'appelèrent : mangeurs de tarte; les amis des franchises, : mangeurs de boudin.

(Eug. M.-O. Dognée. Liège, p. 118. 1881)

 

2789 

Lîdje

LIEGE

Tchiyâs è Moûse, hite è Moûse.

 

litt. Chieur dans la Meuse, foirard dans la Meuse.

Liège est à cheval sur la Meuse.

 

A tos lès Tchiyâs è Moûse.

(J. DEJARDIN, dédicace de: Li fleûr dès batelîs d' Moûse. Ch. 1830)

 

2790

Lîdje

LIEGE

Lès magneûs d' salâde.

 

litt. Les mangeurs de salade.

(Lès trinte cints-omes dè prince di Lîdje)

« Sous le règne de Joseph-Clément de Bavière, il éclata à Visé une sorte d'émeute à l'occasion d'un droit à payer au fisc. Cette émeute nécessita la présence d'un détachement militaire. A son arrivée, les magistrats de la ville demandèrent à l'officier commandant ce qu' il voulait que l'on donnât à sa troupe pour souper. De la salade, répondit-il. C'était un plat peu confortable (réconfortant?) pour des hommes envoyés en expédition, et qui venaient de faire trois fortes lieues; aussi exigèrent-ils que la ration fut proportionnée à leur faim, et celle-ci était grande. L'ordre étant rétabli dans la ville, les soldats du prince la quittèrent pour revenir à Liège, mais en sortant ils lurent poursuivis par des cris assourdissants de mangeurs de salade, nom qu' ils conservèrent depuis. »

(BOVY. Souvenirs d'un émigré. T. III)

 

2791

Lîdje

LIEGE

Lès canaris

 

litt. Les serins.

Régiment de la cité ; parce que, dans son uniforme, le jaune dominait.

De Méan écrivant à De Ghisels (mars 1793) s'exprimait ainsi, en faisant allusion à l'appui que les troupes du prince leur fournirait : « Il (Metternich) est très rassurant, et nous « pourrons faire nos Pâques avec toute la tranquillité et le « calme que cet auguste devoir exige, et je crois que moyennant « un petit concert exécuté à propos par nos 3000 canaris, nous « mettrons le sceau à l'oeuvre et jouirons de la plus parfaite a tranquillité. »

(BODY. Chansons patriotiques. Glanes)

 

2792

Lîdje

LIEGE

Lès rodjes habits.

 

litt. Les habits rouges.

Les sergents d'armes. Le rouge dominait dans leur uniforme.

 

SPA

Nos ènemis sont confondous,

Is strindèt tos l' quawe â cou.

Lès rodjes habits n' sont pus d' rahon,

Vîve lès-Èburons, vîve lès-Èburons!

(BODY. Chans. patriotiques. 1786. Recueil)

 

2793

Lîdje

LIEGE

Lès mangons d' l'  ârmêye.

 

litt. Les bouchers de l'armée.

Chasseurs de Rohan (1791), en raison des couleurs de leur uniforme; ils avaient la poitrine et les bras rouges.

(BOVY. Souvenirs d'un émigré. T. III)

 

2794 

Lîdje

LIEGE

Lès rodjes cous.

 

litt. Les culs rouges.

Régiment autrichien qui fut en cantonnement dans le pays de Liège, en 1792 et 1793, et qui portait la culotte rouge.

(BODY. Chans. patriotiques. Glanes)

 

2795

Lîdje

LIEGE

Lès sôdârts da nosse.

 

litt. Les soldats à nous.

La garde du prince.

(HOCK. La famille Mathot. 1872)

 

2796

Lîdje

LIEGE

Di d'là.

 

litt.  De ce côté là.

Les habitants de la rive gauche.

 

Totes lès mâlès linwes di d'là,

D'hèt qu' so quékes an.nêyes,

Nos l' avans r'monté dèdjà

 Ine treûzène di fèyes !

(F.-L.-P. Paskéye so l' noûve toûr di Sint-Foyin, 1842)

 

Maîsse Ddjirâ, l' pus djoyeûs compére,

Qui di d'là Moûse âye co vèyou,

È si-ovreû po roûvî l' misére,

Tchantéve sovint come on pièrdou.

(Ep. MARTIA. Li tâvelî dès récolètes. 1859)

 

2797

Lîdje

LIEGE

Djus d'là.

 

litt.  D'au delà (de la Meuse).

Les habitants du quartier d'Outre-Meuse (rive droite).

 

Avou l' hardiyèsse d' on Djus-d'là-Moûse,

A lu l' pompon po bin taper.

(G. CARMANNE. Li concours di powèsîyes di 1857)

 

HINRI

Alôrs djè l' pormina, pusqu' il èsteût si gây,

Tot-avâ Djus d'là Moûse ; maîis vos n' vis doterîz mây,

Qué monde qui nos sûva : Djus d'là Moûse èsteût foû.

(REMOUCHAMPS. Li savetî. II, sc. 6. 1858)

 

Hîr, i d'mandéve dès cens' po l' Pont d's-Âtches èt Djus d'là, Hoûy i pîhe po-z-avu li creûs dè colèra.

(Alcide PRYOR. On fameûs récipièw. 1866)

 

2798

Lîdje

 

LIEGE

Lîdje

 

Dans le « Livre des proverbes français, par M. Leroux de lLngy (Paris 1859) », on trouve, série VI (proverbes historiques — pays — peuple) le proverbe suivant :

Li gentil de Liège.

Les hommes aimables et polis de Liège,

Ce proverbe, si flatteur pour nous, ne peut-il pas servir d'explication aux vers suivants, extraits d'une paskèye faite en 1735, par un séminariste de Liège sur ses condisciples ?

 

I fât tot passer po l' tamis,

D'pôy li pus grand jusqu'au pus p'tit.

 

Après avoir dépeint les Ardennais, les Hesbignons, les Namurois, les Français, les Flamands, il dit :

 

Lès cis d' Maubeûje èt lès Lîdjwès

N' ont nin co dansé leû balèt.

Onk a dès rats, l' ôte dès makèts,

L' ôte on labeûr, l' ôte on huflèt.

Djudjî on pô, sins prévencion,

S' is n' sont nin l' bone union ;

C' èst po çoula qui 1' provèrbe dit,

Èt dji creû qu' i n' a nin minti,

Qu'  lès cis d' Maubeûje èt lès Lîdjwès,

Frint bin ine vraye musike di tchèt,

Èt po conclûre so sès-apôtes,

Is sont ossi sots onk qui l' ôte.

 

De l'amabilité du proverbe de M. Leroux de Lingy, à la gaieté un peu exagérée dont nous a gratifié le séminariste, il n'y a pas loin.

 

VARIANTE Dans notre pays, le travail était depuis longtemps considéré comme moyen de s'élever, de fonder un lignage, c'est pourquoi, dans le dialecte (sic) wallon, le mot gentil qui étymologiquement veut dire homme de race, de lignage, signifie en même temps laborieux; c'était l'inverse des autres pays, où la qualité de gentilhomme s'acquérait plutôt par l'oisiveté.

(Albin Body. Etude sur les noms de famille du pays de Liège. B., t. IV, 2e sér., 215, note)

 

2799

Lodelinsaut

LODELINSART

Lès vias du Sârt

 

litt. Les veaux de Lodelinsart.

D'après la légende, lorsqu' on devait nommer un bourgmestre, on attachait un veau dans une prairie. Les candidats devaient essayer de monter sur l'animal, et le premier qui y parvenait était nommé bourgmestre. Un jour le veau se délia et s'enfuit. Il fut, pour ce fait, nommé bourgmestre.

(A. Harou. La tradition)

 

VARIANTE Les gens de Lodelinsart sont appelés les veaux et l'on raconte à ce sujet l'histoire suivante : Un jour, pour choisir le maïeur, on décide de faire courir les candidats dans une prairie et de nommer celui qui arrivera le premier. Un veau qui paissait là s'effraya et en quelques bonds arrive au but avant tous les candidats.

(Questionnaire de folklore publié par la Société du Folklore wallon, Liège. 1890)

 

 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2800-2819

2800

Mâmedi

MALMEDY

Cous d' sètch.

 

litt. Cul (fonds) de sac. Voyez le proverbe n° 914.

 

2801

Mont

MONS

Montwas cayau.

 

litt. Montois caillou.

 

Les habitants de Mons appellent ainsi les personnes nées à Mons de parents montois.

 

MONS Nos n' sarions nié dîre si les Fetis étiont des montois cayau... ça veut dire s'il avait longtemps qu' i d'meuriont à Mons.

(Armonake dé Mont. Avèrtance. 1885)

 

Jadis la ville de Mons était fort mal pavée, c'étaient presque partout des gros cailloux, peu nivelés, sur lesquels on venait souvent buter. Les habitants des environs, lorsqu' ils heurtaient un de ces gros cailloux, s'écriaient : Montais cayau. Des cailloux, l'épithète passa aux habitants et est restée.

 

2802

Mussi

MUSSY-LA-VILLE

Lès hotîs d' Mussi, lès mar­tchands d' cabus.

 

litt. Les hotteurs de Mussy, les marchands de choux.

Cette localité ne possède aucun proverbe local. Il n'y a que son ancien commerce à dos, au moyen de la hotte prosaïque qui nous a valu le fameux surnom de hotîs d' Mussi. — Une industrie locale est aussi celle de la culture et de la vente des choux à repiquer; de là, sans doute, cette dénomination inotîensive donnée à nos habitants.

(J.-B. Laurent. Inst. comm. à Mussy. 1877.

TANDEL. Les communes luxembourgeoises. III. 1890)

 

2803

Nameur

NAMUR

Lès djodjos.

 

Jojo est le sobriquet des Namurois. On n'en connaît pas bien l'origine ni la signification. Ces sobriquets, qu' on se donnait de ville à ville, équivalaient généralement à la qualification de niais.

 

Et déjà les jojos, au nombre de deux mille,

Brûlaient de s'illustrer et d'illustrer leur ville.

(DU VIVIER. Cinéide. Ch. XVI et note)

 

Lèyî scrîre à leû-z-auje tos cès fieûs d' aurmonak,

Lèyî-lès, sins vos plinde, raconter totes leûs crakes,

Lèyî fé, èt tot rade vos sèroz dès bastauds

Vinus on n' saurè d'où, dès nûtons, dès djodjos.

(A. DEMANET. Oppidum Atuatucorum. 1843)

 

N' avise-t-i nin,

Qui s' mére âye tamehî dè frumint,

Qwand èle a faît si baî djodjo ?

(DE CARTIER, DE VIVARIO, etc. Li voyèdje di Tchaudfontin.ne. I, sc. 3. 1757)

 

2804

Nameur

NAMUR

Nameur li glote

 

LITT. Namur la friande.

« Soit dit en passant, le magistrat de Namur affectionnait singulièrement le mode de punition statué par cet ëdit (détention au pain et à l'eau). C'était, croyait-il, le moyen de sévir avec effet contre vos pères, auxquels on a toujours reproché, vous le savez, d'être, ainsi que vous, mes jeunes amis, un peu portés sur leur bouche. »

(Jules BORGNET. Les échasseurs )

Leurs rivaux prétendaient, sans nulle vérité,

Que Namur méritait le surnom de la glotte.

(DU VIVIER. Cinéide. Ch. XVI el note)

 

Tot l' monde dit : Nameur li glote,

Maîs tot ça n' nos faît rin,

Èst-ce pace qui, avou nosse djote,

On mèt dès saucisses didins?

(Vîve Nameur po tot. Ch. Aurm. di Nameur. 1883)

 

C' ènn' è-st-assez, pârlans d' ôte tchwè,

Èt s' toumans so lès Namurwès.

Is sont friyands come li morèye,

So 1' tchâr ossi bin qu' so l' pèherèye.

I gn-a qui frint cinkante bricoles,

Po magnî ine bonne caracole.

(Paskèye so lès séminarisses. 1733)

 

2805

Nameur

NAMUR

Mougneûs d' grèvasses.

 

litt. Les mangeurs d'écrevisses.

Sobriquet donné par les Dinantais aux habitants de Namur.

« Sans doute, vous connaissez les qualifications accordées a dans les siècles passés aux principales villes ; vous savez le sobriquet de mangeurs d'écrevisses, dont nous ont, depuis « un temps immémorial, gratifié nos voisins les copères. En « présence de cette tendance gastronomique assez bien « constatée, croyez-vous que Namur ait mérité son épithète « énergique de la gloutte ?

(Jérôme PIMPURNIAUX (Ad. borgnet), Légendes namuroises. 1837)

 

2806

Nameur

NAMUR

Vîve Nameur po tot, po l' pupe, po l' bîre èt po ... (jeunes filles).

 

litt. Vive Namur pour tout, pour la pipe, pour la bière et pour.....(les jeunes filles).

« Marque d'un pot en grès fabriqué à Namur ; une porte de  fer et les trois éléments du dicton populaire. »

(Catalogue de la vente Minard, à Gand. 1882)

 

CHARLEROI ÂRKA

Èle li fra, vos di-dje ou bin djè l' èvôye dins-in couvent à Nameur ; èle d-îra tchanter : vîve Nameur po tot, tint qu' èle voura.

(BERNUS. L' malade St-Tîbaut. I, sc.8. 1876)

 

VARIANTE Vîve Nameur po tot, po l' toubak èt lès gosètes.

 

2807  

Nameur

NAMUR

Lès chitaus d' Nameur.

 

litt. Les chieurs de Namur

 

Sobriquet donné parles habitants de Jauche, Orp-le-Grand, et des villages environnants (canton de Jodoigne), aux Namurois.

 

ORIGINE Il y a, à Orp-le-Grand, une source qui était, il n'y a pas bien des années, le but d'un grand pèlerinage. On dit que sainte Adèle (ailleurs Odile) a fait jaillir cette source et qu'en s'en lavant les yeux malades, on les guérit.

Les Namurois avaient une grande dévotion pour sainte Adèle, mais le jour du pèlerinage était une fête pour les gamins de Jauche. Ils creusaient sur la route des fosses qu' ils recouvraient de terre, soutenue par de légères baguettes. Le sobriquet donné aux Namurois t'ait supposer que, dans les temps reculés, celui qui tombait dans un de ces trous (garnis d'ordures), n'avait rien de mieux à faire que de courir à la rivière voisine.

 

2808

Nameur

NAMUR

Tièsses di Nameur

 

litt. Tête de Namur.

Tête dure, par analogie avec les pierres bleues, dites pierres de Namur, au pays wallon.

 

2809

Nivèle

NIVELLES

Aclots

 

«Les Nivellois ont pour sobriquet le nom da claus, duquel on donne cette explication plaisante : les portes de la ville étaient jadis si mal entretenues, que les gonds et les verrous ne tenaient plus. Une troupe ennemie s'étant montrée dans le voisinage, on voulut, mais en vain, les fermer, et voilà nos bourgeois qui parcourent la ville en criant à tue-tête : À claus, à claus ! (aux clous, aux clous !)

(J. Tablier et A. Wauters. Géographie et histoire des communes belges. Bruxelles, grand in-8°, 3e livraison (mai 1862), p. 168, col. 2)

 

AUTRE VERSIN Lors d'un des sièges que notre ville eut à subir de la part des Espagnols, on s'était défendu à outrance ; toutes les munitions d'artillerie étaient épuisées, et les ancêtres de l'Inradjî, de l'Espontaule et de Broke-à-l'aiy, réduits au silence ; la brèche était ouverte, l'ennemi allait entrer. C'est alors que les courageux défenseurs se répandirent dans !a ville en criant : à claus, à claus.

« Donnez-nous des clous pour charger nos canons, repousser « et mitrailler cette canaille, nous sommes à bout, vaincre a ou mourir. »

Pourquoi nos aïeux n' ont-ils pas adopté pour devise dans leurs armes ces deux mots : à claus ! quand souvent nos voisins croient nous ridiculiser en nous appelant aclot ou aclaus.

(M. DU COUR R'NAUD. L' Aclot, journal, n° 9. 1888)

 

NIVELLES

... Djè counè bin Nivèle,

Dj' aî d'djà vu ç' payis-là, lès-Aclots sont si bons (*)

Èt pou dîre ça tout coûrt, c' èst l' payis dès Walons.

 

NIVELLES 

À Nivèle, djè m' trouverè come dins-in paradis,

Lès-Aclots m' carèsseront come si dj' èstè leû fis.

(RENARD,  Lès-avent. dè Djan d' Nivèle, Ch. I, 1857)

 

(*) Lès djins d'Nivèle èn' s' apèlenèt ni ôtrèmint qu' lès Aclots.

 

2810

Payis-Bas

PAYS-BAS (Hollande)

Lès kanifichtônes.

 

Ce sobriquet était donné aux Hollandais par les Wallons, pendant la réunion de la Belgique avec la Hollande (1815 à 1830).

C'est la corruption de la phrase : Ik kan niet verstaan (je ne comprends pas), réponse invariable de tout Hollandais étranger à la langue française.

 

Tchèssans à l' ouh, tchèssans bin lon,

Tos cès kanifichtônes,

Avou zèls, on n' faît mây rin d' bon,

Èt s' piède-t-on tote sès pônes.

(Chanson pop. 1830 ou 1831)

 

Divenou flankeûr d'vins lès kanifichtônes,

On m' rimoussa, dj' eûri-st-on pantalon.

(DU VIVIER. Li pantalon trawé. 1841)

 

Taîhîz-ve, dj' a m' tièsse come on sèyaî,

Dji n' veû pus qu' totès flamahes,

Kanifichtône mi râye li paî.

(THIRY. On cwèrbâ franc lîdjwès. 186(...))

 

Di ç' timps-là, nosse payis féve d' arèdje ine seûre mène,

C' èst qu' lès kanifichtônes manecît d' î prinde rècène.

(PECLERS. Li cinkantème d' on patriyote. 1880)

 

JODOIGNE Kalifèstône èst mwèrt à Hoûgâr.

Réponse des Jodoignois à quelqu'un qui leur parle flamand ou hollandais.

 

2811 

Campènaîres

QUEVAUCAMPS et STAMBRUGES. (HAINAUT)

Lès campènaîres.

 

La plupart des habitants de ces communes sont colporteurs et voyagent d'une extrémité du pays à l'autre, et même en France; on les nomme campènaîres, ce qui veut dire brocanteurs, marchands ambulants, batteurs de campagne.

(A. Harou. La tradition)

 

Elections du 14 juin 1892. « Remarqué la pancarte des « libéraux de Quevaucamps : Pour les libéraux, les campenaire sont toudi là. »

(Gazète Pétrus', 18 juin 1892)

 

2812 

Ronkiére

RONQUIERES

Lès dîdons

 

litt. Les dindons.

Les philosophes de Ronquières. On y élève beaucoup de dindons et l'on affecte assez souvent de confondre les habitants avec leurs élèves.

(A. Harou. La tradition)

 

Proverbe à nivelles :

I n' èst ni co bon pou d-aler garder lès dîdons à Ronkiére.

(L' Aclot. 1889. N° 2) Voyez le proverbe n° 2056.

 

2813 

Souvré

SOUVRÉ (quartier de Visé)

 Lès bilokes.

 

litt. Les Reines-Claude. Voyez Visé, n" 2820.

 

2814 

Stâveleû

STAVELOT

Bèsaces.

 

Proverbe :

I fât deûs cou d' sètch po fé one bèsace.

litt. Il faut deux Malmédiens pour faire un Stavelotin.

Voyez le proverbe n° 914.

 

2815 

Twin

THUIN

Lès boulots

 

litt. Les petits gros.

Les Thudiniens (habitants de Thuin) disent, en parlant des habitants de Lobbes :

Lès Lobins

Ont des pûs (poux) come dès poulins.

Ceux de Lobbes répliquent en disant :

Lès Boulots

Ont dès pûs come dès chabots (sabots).

(A. HAROU. La tradition)

 

2816 

Vèrvî

VERVIERS

Lès pîres à makète.

 

litt. Pierre à tête (borne).

Le pays des pîres à makète : sans doute par allusion aux monteûs (échalliers), par lesquels on passe d'une prairie à l'autre, dans la plus grande partie de l'arrondissement de Verviers.

 

VERVIERS

LU R'NÂd

Insi, vos d'vrîz aprinde à k'toûrner lu baguète,

Tot gripant à cavaye du quéke pîre à makète.

(XHOFFER. Lès bièsses. I, sc. 15. 1858)

 

CRAHAÎ

Mi, dji n' a nin toûrné so l' plèce des récolètes,

Mi lokince fa danser jusqu'âs pîres à makète.

(Alcide PRYOR. On dragon qui faît dès madames. 1867)

 

VERVIERS 

Ou bin d'lé one pîre à makète,

I s' taîrè bin lon po pihî,

S' rouvîrè d' rabotener s' brauyète,

N' auyant d' câre s' on pout l' awaîti.

(XHOFFER. Lès burdoyes. 1867)

 

A Stembert, près de Verviers, les portes des fermes sont protégées des charrettes et voitures par des pîres à makète.

 

2817 

Vèrvî

VERVIERS

Lès magneûs d' pèlotes.

 

litt. Les mangeurs de pelures.

« Les Verviétois sont, dans le marquisat, connus sous le nom de magneûs d' pèlotes et par pèlote, on entend les pelures de pommes de terre. Aujourd'hui encore, à Theux, à Verviers, à Sart, si l'on veut invectiver un habitant de Verviers, on l'agonisé de ce ternie qui remonte à 1789. Pendant le rigoureux hiver de cette année, la disette était telle que les indigents affamés vinrent de Verviers jusqu'à Spa, ramasser, sur les fumiers, les épluchures de pommes de terre et de légumes pour assouvir leur faim. De là est restée l'injure d'autant plus sanglante qu'elle fait un reproche aux descendants de ce qui fut autrefois une nécessité. Il n'y a pas deux ans (1877), que cette insulte paraissait encore imprimée au vif, dans un pamphlet à l'adresse des Verviétois. »

(A. Body. Chans. patriotiques. Glanes)

 

VARIANTE Lès râseûrs d' ohês.

litt.  Les rongeurs d'os. (Même origine)

 

2818

Vèrvî

VERVIERS

Lès crâs cous

 

litt. Les culs gras.

Les Verviétois ont été appelés des crâs cous (des richards), parce qu' il y a quelque cinquante ans, ils venaient faire le heer (seigneur) à Spa, et arrivaient par le chemin de traverse, à pied, avec des bottes armées d'énormes éperons, les jours de courses ou d'autres fêtes.

 

— Vos-avez dès sporons, mins vosse tchuvau, w' è-st-i?

—  Ô ! dju l' a lèyî o l' cinse Djaumâr. (Ferme au-dessus de Spa, près du chemin de traverse)

 

2819

Virtan

VIRTON

Les sègneûrs dè la Grîdje-au-bos.

 

litt. Les seigneurs de la Grange-au-bois.

 

Par acte passé le '20 décembre 1612, la ville de Virton atchèta, à madame de Gournay, veuve du seigneur Jacques de Ligni-ville, une censé dite de la Grange-au-bois, enclavée dans les bois et aisances de la ville. Cette vente se fit avec cession de tous les droits seigneuriaux attachés à la censé, pour le prix de 4300 francs.

(Dr J. Jeanty. Un ancien livre de la ville de Virton, Annales de l'inst. arch. du Luxembourg. XV, p. 73,1883)

 

VIRTON Nous-autes, lès sègneûrs de la Grîdje-au-bos, dj' alans chu l' Augusse Burkel, ç'ti-làl qui èst - coumat dijant-is ça, lès çous d' Mâdi ? — hongreûr, i m' sènne.

(Lë Sauverdia, gazette de Jodoigne, 1892, n° 3)

 

 

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2820

Vîsé

VISÉ

Tchawaîs d' Vîsé.

 

Bilokes di Souvré. (Faubourg de Visé)

 

Tchawaî : perdrigon violet, sorte de prune de la Catalogne.

Jadis, à une des fêtes de Visé, sans doute à la foire de Lorette, on y vendait une grande quantité de tchawaî, provenant de Visé et des environs; c'était un article spécial. On n'allait pas à la foire sans atchèter des tchawaî, comme maintenant les Liégeois ne pourraient venir à Visé en été, sans manger de l'oie.

Les tchawaîs eurent de la vogue et donnèrent leur nom aux vendeurs. On a dit les tchawaîs d' Vîsé, comme on dit quelquefois les oies de Visé en parlant des habitants de cette ville. Un jour, dans un moment de vivacité entre les Visétois et les Souvretois, ces derniers auraient traité les concitoyens de Tchawaîs; par voie de riposte, les Souvretois furent nommés Bilokes.

 

2821  

Auve

WAVRE

Lès pépéres d' Auve. 

Lès méméres d' Auve.

 

litt. Les papas de Wavre. Les mamans de Wavre.

Sobriquet donné par les habitants de Jodoigne, parce qu'à Wavre on dit : pépére et mémére, pour papa et maman.

Par contre, les Wavriens se moquent des Jodoignois qui disent mame, pour maman.

 

2822

Auve

WAVRE

Lès vijins

 

litt. Les voisins.

Manière de désigner les Wavriens par leur façon de dire dans leur dialecte le mot voisin. Ce terme n'est employé qu'à JODOIGNE

Dj' a stî dé lès vjins. =  Je suis allé à Wavre.

 

2823 

Viancout

WILLANCOUT

Lès loups d' Viancout.

 

« Les habitants de Willancourt ont reçu le nom de loups parce que, n'ayant que très peu de rapports avec l'extérieur, ils ont conservé des manières plus rudes, plus sauvages, en même temps que plus austères, qui tranchent sur celles des villages environnants, plus adoucies, plus dissolues par suite du commerce continuel, facilité avec l'étranger par des routes, des lignes ferrées qui n'existent pas chez nous, ou qui sont très rares. »

(M. François, instituteur communal à Willancourt)

 

2824

swè

SOIF

I n' wase bauyî d' peû d' awè swè. (NAMUR)

 

 litt. Il n'ose bâiller de peur d'avoir soif.

Se dit d'un homme très parcimonieux, d'un avare.

Pr. fr. — II n'ose cracher de peur d'avoir soif.

(ONDIN. Curiositez françaises. 1640)

 

MONS  Dj' in-aî bé coneu d' cès gars-là, qui dj' tiant tout pa lès portes et pa lés finètes, èyèt qu' asteûre, is n' ôsetèt né bayer peûr d' avwar swaf.

(MOUTRIEUX. Dès nouviaus contes dés kiés. 1850)

 

MONS  Dj' crwa bén ! là pourtant 'ne vièye bougrèsse qu' a s' pin cwît éyét s' bière boulîe, et ça n' ôse nié bayer peûr d' avwar swa.

(LETELLIER. Armonak dé Mont. 1850)

 

NIVELLES  

Djè m' tènè su l' quî-vîve, èt dj' n' oûsè nîn, ma fwè,

Pou bauyî drouvru m' bouche, èt ça d' peû d' avwè swè.

(RENARD.  Lès-avent. dè Djan d' Nivèle. Ch. II, 3e éd. 1890)

 

2825 

swè

Faut nin ratinde d' awè swè po tirer l' aîwe do pus'.    (namur)

 

litt. Il ne faut pas attendre qu' on ait soif, pour tirer de l'eau du puits.

Il faut être prévoyant et ne pas attendre le dernier moment pour agir.

 

2826 

swè

Quand on-a bé swè, on bwèt è potia.  (JODOIGNE)

 

litt. Quand on a bien soif, on boit dans les flaques d'eau.

La nécessité fait faire souvent des choses désagréables ou pénibles.

 

MARCHE   Li trop grande seû faît beûre o l' basse.

 

2827

sôdâr

SOLDAT

On n' sâreût fé l' guêre sins touwer dès sôdârs.

 

litt. On ne saurait faire la guerre sans tuer des soldats. Vouloir une chose, c'est en accepter les conséquences.

 

2828

sôdâr

I gn-a dès vis sôdârs come dès vîs capucins.

 

LITT. Il y a de vieux soldats comme de vieux capucins.

Tous les soldats ne périssent pas à la guerre, il en est qui vieillissent sous les armes.

 

2829

sôdâr

On faît bin l' guêre à on sôdâr près.

 

litt. On fait bien la guerre à un soldat près.

L'absence d'une personne n'empêche pas, ne doit pas empêcher qu'une affaire ne se conclue, qu'une partie ne se fasse. (ACAD.)

Pr. fr. — Pour un moine, l'abbaye ne faut pas.

 

VARIANTE

Ç' n' èst nin fâte d' on sôdâr,

Qu' on laît dè monter l' gâre.

litt. Ce n'est pas faute d'un scldat qu' on laissera de monter la garde.

 

VAR. DINANT  Li blanc Douwârd ni vint nin avou nos, pôve valèt, dj' è so trisse, maîs nos n' è p'lans rin..... èt ci n' èst nin faute d' on sôdâr qu' on n' faît nin l' guêre.

(V. COLLARD. Li tinderîye à l' amourète. I, sc. 16. 1890)

 

2830

sôdâr

Sôdâr di Hêve, avou dès sporons d' coûke èt on pompon.

 

litt. Soldat de Herve, avec des éperons de pain d'épice et un pompon.

Pr. fr. — Soldat du pape. Soldat peu militaire.

 

VAR. JODOIGNE  Pôve sôdâr qui n' a ni s' fësik.

 

2831

sôdâr

Qwate à qwate èt l' rèsse en gros,

Come lès sôdârs di l' abé di Stâvelot.

 

litt. Quatre à quatre et le reste en gros,

Comme les soldats de l'abbé de Stavelot.

Vouloir faire plus qu' on ne peut. — Faire étalage du peu qu' on a. — Jeter de la poudre aux yeux.

hist. Il paraît que la garde du prince-abbé de Stavelot se composait, en tout et pour tout, de quatre hommes et d'un ... généralissime.

2832

solo

SOLEIL

Li solo lût po tot l' monde.

 

litt. Le soleil luit pour tout le monde.

Il est des avantages dont tout le monde a droit de jouir. (ACAD.)

Pr. fr. — Le soleil luit pour tout le monde.

Ev. St-Mathieu, ch. V, v. 45, V. Quitard. Dict., p. 650.

D'un globe étroit divisez mieux l'espace, Chacun de vous aura place au soleil.

(BÉRANGER. La sainte alliance des peuples)

Cité par FORIR. Dict.

 

VERVIERS Quu l' baî solo lûhe po tot l' monde

Èt fé crèhe so tot l' horizon.

(M. PIRE. Vo-r'-ci l' îviè. Ch. 1874)

 

MARCHE Qwèqui l' solaî lût po tortos,

Lès keûrs ni corèt nin après nos.

(ALEXANDRE. P'tit corti. 1860)

 

MONS

Ét qui c' èst qu' ôseurwat moufeter là-dèssus ?

Èst-ce què l' solèy n' lwît nié pou tout l' monde, in, chôse ?

(LETELLIER. Armonak dé Mont. 1850)

 

2833

solo

C' è-st-on martchand d' solo.

 

litt. C'est un marchand de soleil.

Disposer de tout, régler tout par son crédit, par son influence.

(ACAD.)

Pr. fr. — Faire la pluie et le beau temps.

 

2834

solo

I lût lès qwate solos.

 

litt. Il luit les quatre soleils.

Il fait un temps remarquablement beau; et ironiquement pour dire que c'est une chose extraordinaire, rare, une chose à noter.

 

I lût lès qwate solos qwand èle candje on drap d' min.

(THIRY. Ine copène so l' manèdje. 1888)

 

JILIS'  Il èst vraîy qui nos-riyans quékefèye di zèls (lès payisans) qwand nos lès vèyans d'vins lès rowes di Lîdje, avou on paraplu ossi gros qu' ine fahène dizos l' brès' èt l' pantalon trossî djusqu'â mitan dè mustaî, qwèqu' i lûse lès qwate solos.

(SALME. Lès rabrouhes. Sc. 1ère. 1882)

 

Qu' i ploûse, qu' i nîve, qu' i djale,

Ou qu' lûse lès qwate solos,

Avou l' corèdje dè diâle,

I pèherè mâgré tot.

(V. CARPENTIER. Li tchant dès pèheûs. Ch. 1890)

 

2835

solia

Quand l' solia va dôrmë avou one sandronète, c' èst sine dè plaîve. (jodoigne)

 

litt. Quand le soleil se couche avec une coiffe, c'est signe de pluie.

Observation faite depuis longtemps par les habitants de la campagne.

 

2836

laton

SON

Nu spaurgnî qui po l' laton. (MARCHE)

 

litt. N'épargner que pour le son.

N'épargner que des choses de peu de valeur, sans pouvoir faire un bénéfice.

 

MARCHE

Si t' n' as spaurgnè qui po l' laton,

Ti t' embourbrès djusqu'au minton.

(ALEXANDRE. P'tit corti. 1860)

 

2837

laton

Vinde mî s' laton qui s' fleûr.

 

litt. Vendre mieux son son que sa fleur (de farine).

Retirer plus de profit d'une affaire qui paraissait mauvaise que d'une opération sur laquelle on comptait.

 

Li pus mwinde, c' è-st-on gros signeûr,

Qui d'bite mî s' laton qui s' fleûr.

(Paskèye so les séminarisses. 1735)

 

Cf. Donner sa farine et vendre son son.

Se dit d'une femme qui fait plus la renchérie en sa vieillesse que quand elle était jeune.

(LEROUX. Dict. comique)

 

Si bien donc désormais que vous serez plus fine,

Et vendrez votre son mieux que votre farine.

(LEGRAND. Le roi de Cocagne. II, sc. 7)

Cité par FORIR. Dict.

 

Èlle a dè l' tchance, vosse soûr ; èlle a mî vindou s' laton qui s' fleûr.

(HOCK. Mœurs et coutumes. 1872)

 

MONS

Èle a bayé è s' fleûr pou rîn,

Et èle vind quier è s'-n-èrbule.

 

VAR. MONS 

Èle a bayè s' fouèr pou naîrié,

Èy èle vind bié quier è s' wayé.

(SlGART. Dict. 1870)

 

2838 

clabot

SONNETTE

Ci qui lî a pindou s' clabot, nu lî a nin hapé si-ârdjint.                                    (MALMEDY)

 

litt. Celui qui lui a pendu sa sonnette, ne lui a pas volé son argent.

Se dit d'une personne qui parle constamment.

 

NIVELLES Èl cyin qu'a pindu s' langue a bî gangnî sès cînk sous.

 

2839

macrale

SORCIÈRE

Èle ravisse lès macrales, qwand on lî vout dè bin, èle vout dè mâ.

 

litt. Elle ressemble aux sorcières, quand on lui veut du bien, elle veut du mal.

Elle rend le mal pour le bien ; c'est un caractère difficile et insociable.

 

 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2840-2859

2840

macrale

Macrale d' awous'.

 

litt. Sorcière d'août.

Enchanteresse. — Est-ce une allusion aux cigales (cok d' awous') qui chantent tout l'été, et dont le bruissement avait autant de charme pour les anciens que la voix des sirènes ?

 

2841

macrale

C' è-st-ine vraie macrale, èlle èstchantereût l' coucou so l' mér.

 

litt. C'est une sorcière, elle enchanterait le coucou sur la mer.

C'est une coquette.

 

2842

macrale

À propôs d' macrale, djâsans on pô d' vosse mére.

 

litt. A propos de sorcière, parlons un peu de votre mère. Détournons la conversation.

 

2843

sôrt

SORTE

Vât mi 'ne sôrt qui l' ôte.

 

litt. Vaut mieux une sorte que l'autre.

On répond ainsi à ceux qui disent : Autant l'un que l'autre.

 

2844

sot

SOT

Filoguèt n' èsteut nin pus sot.

 

litt. Filoguet n'était pas plus sot.

filoguet était le bouffon d'un ancien prince de Liège.

Le peuple a gardé le souvenir de quelques-unes de ses facéties. C'est ainsi que le prince devant un jour se rendre à Maastricht avec toute sa suite, il ne se trouva pas de place pour le fou dans les voitures de la Cour. Filoguet se mit à cheval sur un bâton (equitare in arundine longa), et arriva au but presqu'en même temps que les équipages. Le prince l'aperçut chevauchant et gambadant sur la place : « Kimint as-se vinou cial? » lui demanda-t-il. — Oh ! monsègneûr! répartit Filoguet, wêre pus vite qu' à pîd.

On remarquait dans la belle collection de tableaux de feu le professeur Lombard, de Liège, un portrait de Filoguet, coiffé d'une toque, la plume à l'oreille.

 

Filoguèt n' èsteût nin pus sot.

(DE CARTIER, DE VIVARIO, etc. Li voyèdje di Tchaudfontin.ne. I, sc. 3. 1757)

 

2845

sot

On sot advise bin on sûti.

 

litt. Un fou avise bien un sage.

On ne doit pas s'offenser d'être regardé par son inférieur.

(ACAD.)

Pr. fr. Un chien regarde bien un évêque.

 

2846

sot

Li sot l' done èt l' sûti l' prind.

 

litt. Le sot le donne et le sage le prend.

Morale des avares.

 

TOURNAI   CACHACROUTE

Tè sés, fîye, dins ç' meonde-ci, l' seot, i deone et l' sâje, i prind.

(Pierre BRUNEHAULT (Leroy). In ménâje d' francs pauves. Sc. 2. 1891)

 

ROUCHI L' sot, i done, l' sâje, i prend.

(HÉCART. Dict.)

 

2847

sot

Qwand lès sots s' lèvèt, lès tchèyîres toumèt.

 

litt. Quand les sots se lèvent, les chaises tombent.

Se dit aux gens maladroits et guindés, qui renversent tout sur leur passage.

 

2848

sot

I gn-a nou si sot qui n' pinse in-ôte pus sot qu' lu.

 

litt. Il n'y a pas de fou qui ne pense un autre plus fou que lui.

Pr. contr. Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.

(BOILEAU)

 

2849

sot

S' i n' èst nin sot, li roi n' èst nin nôbe.

 

litt. S'il n'est pas sot, le roi n'est pas noble.

Il est fou incontestablement. (LITTRE)

Fig. Il est fou ou le roi n'est pas noble.

 

TOURNAI   Si t' n' ès pos seot, l' rwa n' èst pos noble.

 

2850

sot

I gn-a qu' lès sots qui dismintichenut lès djins. (NAMUR)

 

litt. Il n'y a que les sots qui démentent les gens.

C'est un acte d'irréflexion, ou le signe d'une mauvaise

éducation et d'une présomption ridicule, que d' infliger un démenti à quelqu'un.

A quoi bon se montrer et comme un étourdi,

Me venir démentir de tout ce que je dis ?

Molière. L'étourdi, I, sc. 5)

 

2851

patâr

SOU

C' è-st-on patâr qui n' a ni pèye ni tièsse.

 

litt. C'est un sou qui n'a ni pile ni face.

Pr. fr. — Etre usé comme un vieux sou. Etre usé jusqu'à la corde.

 

C' è-st-on patâr qui n' a ni pèye ni tièsse,

On vî cokemâr qui n' tint pus nou brouwèt.

(V. Collette. Li coûr)

 

2852

patâr

I n' fât nin qwèri lu dièrin patâr.

(STAVELOT)

 

litt. Il ne faut pas chercher le dernier sou.

 

VAR. stavelot  On n' sâreût aveûr lu dièrin patâr.

litt. On ne saurait avoir le dernier sou.

Il ne faut pas chercher à obtenir tout ce qu' on désire. — On ne peut obtenir tout ce qu' on désire.

 

2853

sofler

SOUFFLER

Sofler l' tchôd èt l' freûd.

 

litt. Souffler le chaud et le froid.

Louer et blâmer une môme chose, parler pour et contre une personne, être tour à tour d'avis contraire. (ACAD.)

Pr. fr. — Souffler le chaud et le froid.

 

Dji n' dwèmereus nin po 'ne empire

Avou vos disos l'même teut.

Eri d'mi les djins d' cisse tire,

Qui sofflet li chaud et l' freûd,

(BAILLEUX. Li sâvadje èt l' passant. Fâve. 1886)

 

NIVELLES  I pourte l' iau dins 'ne min éyèt l' feû dins l' ôte.

 

 

2854

sofri

SOUFFRIR

Sofri l' mwèrt èt l' passion.

 

litt. Souffrir la mort et la passion.

Eprouver de grandes  douleurs ou être très impatienté.

(ACAD.)

Pr. fr. — Souffrir mort et passion. Cité par FORIR. Dict.

 

mons  Çoula faît què quand on dévrot indurer morte et passion, i faut prinde tout ça éd du qu' ça vît, ça vét dîre du bon costé.

(Ârmonak du Borinâje. 1849)

 

2855

sofri

I fât sofri (/ èdurer) çou qu' on n' pout espêtchî.

 

litt. Il faut souffrir ce qu' on ne peut empêcher.

Il faut avoir de la résignation, de la philosophie. — Il faut faire de nécessité vertu.

Pr. fr. — II faut vouloir ce qu' on ne peut empêcher.

Tendre les bras à son destin, c'est de tous les moyens le plus infaillible pour en adoucir les rigueurs.

(QUITARD. Dict. des prov. 1842)

 

MONS I faut soufri ç' qu' on n' peut nié impêcher.

(MONTRIEUX. Dès nouviaus contes dés kiés. 1850)

 

BORINAGE  Què diâbe volez fé ? I faut bîn voulwar çou qu' on n' peut nié impècher : après ç' timps-ci, no d-arons d' l' aute.

(Armonak du Borinâje, in patwas borin. 1849)

 

SAINT-QUENTIN  I faut voulwar chou qu' in n' put pas impêcher.

 

2856

solé

SOULIER

Avou l' linwe d' ine feume èt l' hin.ne d' on curé, on faît dès fameûs solés.

 

litt. Avec la langue d'une femme et la haine d'un curé, on fait de fameux souliers.

Ils ne sont pas à user.

Louer et blâmer une môme chose, parler pour et contre une personne, être tour à tour d'avis contraire. (ACAD.)

Pr. fr. — Souffler le chaud et le froid.

 

Dji n' dwèmereû nin po 'ne empîre

Avou vos dizos l' min.me teût.

Èri d' mi lès djins d' cisse têre,

Qui soflèt l' tchôd èt l' freûd,

(BAILLEUX. Li sâvadje èt l' passant. Fâve. 1886)

 

NIVELLES I pourte l' iau dins 'ne min éyèt l' feû dins l' ôte.

 

2857

solé

I n' fât nin taper sès vîs solés èvôye s' on 'nn' a dès noûs.

 

litt. Il ne faut pas jeter ses vieux souliers dehors (en voie), si l'on n'en a de neufs.

Un espoir brillant ne doit pas nous faire renoncer à une position modeste mais assurée. — Il ne faut pas lâcher la proie pour l'ombre, etc.

 

BASSE-ALLEMAGNE  Man muss das schmützige Wasser nicht weggiessen, bis man reines hat.

 

 2858

solé

I gn- a nou si baî solé qui n' divinse savate.

 

litt. Il n'y a si beau soulier qui ne devienne savate.

Tout s'use à la longue. Il n'y a si belle femme que la vieillesse n'enlaidisse.

Pr. fr. — il n'y a si beau soulier qui ne devienne savate.

(ONDIN. Curiositez françaises. 1640)

 

VERVIERS

À sièrvi, l' fièrmint d'vint bate,

L' pus baî solé d'vint savate.

(renier. Spots rimés, 1871)

 

2859

sope

SOUPE

Mouyî come ine sope.

 

litt. Mouillé comme une soupe.

Très mouillé. (ACAD.)

Pr. fr. — Trempé, mouillé comme une soupe.

Rien que d'les voir,

J'ai mon mouchoir

Qu'est trempé comme une soupe...

(DÉSAUGIERS. Pot-pourri de la Vestale)

 

JALHAY    PIÈRÈTE

Dji n' so mây malâde, mi ; dj' a portant atrapé hîr tote lu lavasse so l' cwarp, dj' èsteû ossi frèhe qu' one sope.

(XHOFFER. Lès deûs sorodjes I, sc. 8.1861)

 

NIVELLES Trimpé comme ène soupe ; frèche come ène cane.

 

 

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2860

sope

On dîreût onk qui n' a mây magnî tchôde sope.

 

litt. On dirait qu' il n'a jamais mangé soupe chaude.

Se dit d'une personne très maigre. Il ne fait jamais soupe grasse. (Prov. de Bouvelles. 1331)

 

VAR. MALMEDY On direût qu' i n' magnahe nin tchôde djote.

 

2861 

soupe

Quand l' soupe boût sans feû, i faut s' taîre.  (TOURNAI)

 

litt. Quand la soupe bout sans feu, il faut se taire. Quand les choses se font secrètement et avec réserve, on doit faire semblant de ne pas les remarquer.

 

2862 

sope

On fait 'ne mèyeû sope d'vins 'ne vèye mârmite qui d'vins 'ne noûve.

 

litt. On fait une meilleure soupe dans une vieille marmite que dans une neuve.

 

VARIANTE  C' èst d'vins les vèyès mârmites qu' on faît lès bonès sopes.

On sait ce que vaut une chose qui a été mise à l'épreuve.

Pr. fr. On fait de bonne soupe dans un vieux pot.

Les vieilles choses ne laissent pas de servir. (ACAD.)

Dans les vieux pots, les bonnes soupes.

(ONDIN. Curiositez françaises. 1640)

 

JODOIGNE   Dins lès vîs pots, lès bonès crauches.

 

On faît co bé dè l' bone soupe dins one vîye marmite.

 

CHARLEROI

In rwè n' waîte nén d' si près, si l' feume a s' tite et s' rang Quand èlle aurè cint-ans, èyèt dès dints d' èstoupe,

Dins l' vî queuwèt, dist-on, on pout faît l' mèyeûse soupe.

(BERNUS. L' ètèremint de l' liyone. Fauve. 1873)

 

2863

sope

S' èpwèrter come ine sope â lècê.

 

litt. S'emporter comme une soupe au lait.

Se mettre facilement et promptement en colère. (âcad.)

Pr. fr. — S'emporter comme une soupe au lait.

 

COLAS

Vis-èpwèrtrez-ve èco comm ine sope à lècê,

Qwand po v' plaîre dj' ârè co l' intencion di m' fé baî ?

(DELCHEF. Li galant dè l' sièrvante. I, sc. 3. 1857)

 

S' èle si mâvèle quékefèye, c' èst po 'ne minute ou deûs,

C' è-st-ine sope à lècê, c' è-st-on côp d' aloumîre,

Maîis li baî timps rivint â prumî côp d' tonîre.

(THIRY. Ine copène so l' marièdje, 1858)

 

GROUBIOTE

Dji nè l' sâreû fé r'fonde,

Èt qwand 'le barbote, dji m' taî.

Po on rin, èle si monte

Come ine sope â lècê.

(DEMOULIN. Dji vou, dji n' pou. I, sc. 2. 1858)

 

JALHAY    TIODÔRE

Djons, don, djons, vos v's-èmontez come one sope à lècê; Tènez, prindoz on vêre avou nos.

(XHOFFER. Lès deûs sorodjes. I, sc. 9. 1861)

 

NAMUR    echoit

V's-avez, do côp, monté come one soupe au lacia.

(Lès-Ârdinwès à Nameur. I, sc. dernière. 1889)

 

MARCHE   To boûs come one sope au lècê,

T' as, morblu, l' tièsse bin près dès tch'vès.

(ALEXANDRE. P'tit Corti. 1860)

 

JODOIGNE   Pou on ré, vos montez come on posson d' lacia.

 

NIVELLES  Ès s' râje èrmonte à flot come ène soupe au lacha.

(RENARD. Lès-avent. dè Djan d' Nivèle. Ch. III, 3e éd. 1890)

 

VAR. CHARLEROI  TWÈNÈTE

L' sintimint d' on pa vos fra r'tchaîr come eune soupe au laît.

(BERNUS. L' malade Sint-Tîbaut. I, sc. 5. 1876)

 

2864           

sope

Qwite po qwite,

Sope di tchin.

 

litt.  Quitte pour quitte, / Soupe de chien.

Quand la caille t'ait entendre son courcaillet, c'est signe de pluie.

Qwite po qwite. Onomatopée du cri de la caille.

 

2865 

sope

Dè l' soupe aux navieots,

Po d' bûre et beauqueop d' iau,

Ch' èst l' potâje dès carmes dequeaus.

(TOURNAI)

 

litt. De la soupe aux navets, / Peu de beurre et beaucoup d'eau, / C'est le potage des carmes déchaussés.

Dicton populaire pour désigner un potage fade et peu garni.

 

2866

sope

Mindjî l' sope è tchôdron. (JODOIGNE)

 

litt. Manger la soupe dans le chaudron.

Se marier un jour de pluie.

 

2867

soûrdaud

SOURD

Li pus soûrdaud, c' èst l' ci qui n' vout nin oyi.

 

litt. Le pire sourd est celui qui ne veut pas entendre. Se dit d'un homme qui entend très bien ce qu' on lui dit, mais qui, ne voulant pas répondre, fait semblant de ne pas entendre.

(LITTRÉ)

Pr. fr. — Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. — Faire la sourde oreille.

(ONDIN. Curiositez françaises. 1640)

 

CHARLEROI

Pârlè à in tièstu, i n' vout nén vos-intinde,

I fra l' bièsse èyèt l' loûrd ;

I gn-a nén d' si mwaîs-soûrd,

Qui l' cin qui n' vout né vos comprinde.

(BERNUS. L' cok èyèt l' parokèt. Fauve. 1813)

 

FRAMERIES  Is-avin.n dès-orèyes pou ascouter, maîs i n' a niè d' si bon makâ què l' cî qui n' vût niè intinde.

(BOSKÈTIA. Tambour batant. 1885)

 

2868

soris

SOURIS

Dispièrté come ine potêye di soris.

 

litt. Eveillé comme une potée de souris.

Se dit d'un jeune enfant fort vif, fort remuant et fort gai.

(ACAD.)

Pr. fr. — Il est éveillé comme une potée de souris.

Cité par forir. Dict.

 

JALHAY    MATÎ

Dj' vos diro....

Quu djo l' troûve ossu dispièrtée

Qu' one potée du soris.

(XHOFFER. Lès deûs sorodjes. II, sc. 16. 1-862)

 

SAINT-QUENTIN   Gadrue come in potée d' seuris.

 

2869

soris

I faît lès soris èt èlzî mète li quowe.

 

litt. Il fait les souris et il leur met la queue.

Il invente et affirme des mensonges.

(REMACLE. Dict.)

 

2870

spér

SPECTRE

Fé come li spér avou l' rènûjè : rimète wice qu' on l' a pris.

 

litt. Faire comme le spectre avec la borne, la remettre où on l'a prise.

Remettre les choses dans leur état primitif.

 

FÉ COME LI SPÉR (Légende du pays de Liège)

 

Po-z-acrèhe si terin, on payisan

Aveût rèscoulé l' pîre

Qui markéve li fin di s' tchamp.

Dès s'faîtès keûres ni minèt nin â cîr :

I l' aprinda,

Qwand i mora ;

Ca on raconte qui totes lès nutes, i d'véve

Vini pwèrter l' rin.nâ, tant qui l' vwès d' on vikant

Li d'hahe wice qu' i faléve

Èl rimète po qu' i fouhe come dè d'vant.

Ossu l' oyéve-t-on qu' i brèyéve

D' ine vwès qu' aveût tot l' aîr dè v'ni foû d' on sarcau :

« Wice, don, mè l' fât-i r'mète ?

Wice, don, mèl' fât-i r'mète? ... »

Lès cîs qu' l' oyît s' sâvît so l' côp,

Pus tron.nant qu' lès foyes qui pindèt-st-âs cohètes ;

Çoula duréve dispôy deûs-ans.

Ine mite, ine vèye sôlêye, qui r'qwèréve si viyèdje,

Rotéve tot-â d'truviè dè tchamp

Wice qui li spér rivenéve ; èl veût d'vant lu, tot blanc ;

Come li bwèsson done dè corèdje,

I s' arèstêye, boute èt il ôt l' rivenant

Qui d'héve : « Wice, don, mè l' fât-i r'mète ? »

Crwèyant rèsponde ine quolibète,

Li sôlêye dit :

« Rimète lu wice qui t' l' as pris. »

Mins l' rivenant responda :

« Mèrci, vos m' sètchîz foû dè purgatwére,

« Por vos, dj' prîyerè è paradis. »

Èt c' èst d' là qu' vint li spot :

« Fé come li spér,

Èl rimète wice qu' on l' a pris. »

(N. DEFRECHEUX. 1859)

 

2871

atomèye

SQUELETTE

Raviser l' atomèye dè 1' mwèrt.

 

litt. Ressembler au squelette de la mort.

Se dit d'un homme fort maigre. (ACAD.)

 

BEAURAING

On l' vèt sètchî d' toûrmint dins one téle vikaîrîye,

Èle n' a qu'à lès-acopler, c' èst come one antomîye.

(VERMER. Lès sôlêyes. 1862)

 

CHARLEROI

Lès rats d-avint leû soû,

Faute qu' il avint peû du marou,

Is n' mindjint qu' à mitan, sètchs come dès-antomîyes.

(BERNUS. L' tchat èyèt l' guèrlot. Fauve. 1873)

 

MONS

Dj' d-aî assez dé ç' djeû-là, djè n' veu nié passer m' vîe,

À dèveni sèc, ici, come ène vraîe antomîe.

(LETELLIER. L' èrmite èyèt l' grand sègneûr. Fauve. 1867)

 

MONS

Dj' su sèc, n' èst pas, sèc come in-antomîe,

Mès dè ç' fwas-ci, èj' vs télemint boufer.

(J.-B. DESCAMPS. Vîve lès djins ritches. Ch. 1880)

 

VAR. TOURNAI C' èst-un dèsaleteû d' mulètes.

On désigne ainsi un homme pâle, amaigri par une maladie qui l'a mis à deux doigts de la mort.

 

JODOIGNE On dîrot one atomîye.

 

VAR. JODOIGNE On lêrot l' gazète au truviè dè s' cwarp.

 

Ièsse craus come on fièrmint qu' a l' djanisse.

 

ROUCHI C' èst come eune atomîye.

(HÉCART. Dict.)

 

2872 

stokfès'

STOCKFISCH

Il èst come li stokfès' : i n' faît ni bin ni mâ.

 

litt. Il est comme le stockfisch : il ne fait ni bien ni mal.

C'est un homme insignifiant, indolent, sans amour du bien ni du mal.

... l'anime triste di coloro

Che visser senza infamia e senza lodo.

Non ragioniam di lor, ma guarda e passa.

(DANTE, Inferno, cap. III, v. 38 et suiv)

Cité par FORIR. Dict.

 

BASSE-ALLEMAGNE  Das ist ein Stockfisch (une inutilité).

 

2873 

souke

SUCRE

Magnî dè souke à l' loce.

 

litt. Manger du sucre avec une louche.

Manger des friandises ; avoir tout ce qu' on peut désirer ; être heureux et content.

On dit aux petits enfants :

È paradis, on magne dè souke à l' loce.

Cité par FORIR. Dict.

 

Is-ècorèdjint l' parizyin

À sofri sès mâs pâhûlemint

L's-î promètant è paradis dès crosses,

Èt tot leû sô dè souke à l' loce.

(HANSON. Li Hinriâde travèstèye. Ch. X. 1780)

 

Raminez-me è nosse baî payis,

Si pan tot sèche èst pus di m' gos',

Qui, lon d' là, mi vèy carèssî

Di doûceûr, djusqu'â souke à l' loce.

(THIRY. On cwèrbâ franc lîdjwès. Conte. 186(..))

 

Ci n' èst nin co l' moumint di fé s' prandjîre,

Li souke à l' loce va nos toûrner dè cîre.

(Alcide PRYOR. Menu du banquet. 1872)

 

CHARLEROI

Dj' mougne dès p'tits sukes à l' louce, dj' sû bin dins l' paradis,

Dji d'vise avè l' bon Dieu, achîde tout asto d' li.

(bernus. L' ètèremint dè l' liyone. Fauve. 1873)

 

2874 

souweûr

SUEUR

On n' sét nin çou qu' ine gote di souweûr di maçon cosse.

 

litt. On ne sait pas ce que coûte une goutte de sueur de maçon.

Les maçons travaillent  posément et tranquillement, on ne les a jamais vus en transpiration.

 

2875

rawète

SURPLUS

C' èst l' rawète.

 

litt. C'est le surplus.

Façon de parler proverbiale qui signifie quelque  chose par dessus.

Pr. fr. — Et haie au bout.

Et quelque chose par dessus. (ACAD.)

 

Sèt' èt sèt' èt l' rawète (Sept plats à chaque service, et le dessert. En tête du menu du banquet anniversaire de la Société wallonne, 1888).

orig. — Menu du dîner ordinaire des derniers princes-évêques de Liège.

 

TCHATCHOULE

Riwèrihez-me, chér docteûr,

Èt ddji v' bâhe treûs fèyes à picètes.

hignÂR

C' èst trop pô, i m' fât ine rawète.

(DE HARLEZ. Lès-hipocondes. II, sc. 1re. 1787)

 

Èt cétèra, èt po l' rawète,

Qui Bèlzébut' so s' quowe t' èpwète.

(HANSON. Li Hinriâde travèstèye. Ch. II. 1780)

 

Maîs po l' rawète, vinez portant soper,

Gn-ârè quéke flacon d' distopé.

(BAILLEUX. Li powête garanti pa lès sints. Fâve. 1851)

 

Ca lès djoûs d' fièsse, dj' a-st-ine rawète,

C' è-st-on mitchot, ou tot-ôte tchwès.

(HOCK. Pus hitreûs qu' on rwè. Ch. 1855)

 

Vos n' î pièdrez rin ; di pus, ddji qwîrerè s' i gn-a nin co ine saqwè à v' diner po l' rawète.

(MAGNÉE. Baîtrî. 1865)

 

VERVIERS

On-z-î done po l' rawète

Ine bèle imaudje avou ;

Ca Rènoz, di s' makète, 'nnè heût â pognou.

(RENIEE. Hoûy, chans. banquet de 1868)

 

NAMUR

Nos-alans d'viser à l' orèye

D' one sôrt di ddjins qui gn-ènn' a tant :

Qui tègnenut do diâle leû cèrvèye,

Ont d' rawète li radje do cancan.

(WÉROTTE. Lès-alumeûs d' lampe. Ch. 1867. 4e éd)

 

2876

tâve

TABLE

I n' fât nin qwiter l' tâve di fin morant.

 

litt. Il ne faut pas sortir de table mourant de faim.

Il faut profiter du repas qui vous est offert; il faut jouir des avantages quise présentent.

 

2877 

vantrin

TABLIER

C' è-st-on lâdje vantrin sins quowète.

 

litt. C'est un large tablier sans cordon.

C'est une chose incomplète.

Il remplit toutes les conditions, sauf celle qui est indispensable.

... Au demeurant, le meilleur fils du monde. (Cl. mahot)

Cité par FORIR. Dict.

 

C' èst dès grands vantrins sins quowète.

(HOCK. Mœurs et coutumes. 1872)

 

DJÈRÂ

D' abôrd, c' è-st-on rin n' vât, lâdje vantrin sins quowète,

Dès Walons, des Tîhons, kinohou po sès dètes.

(REMOUCHAMPS. Lès-amoûrs da Djèrâ. II, sc. 6. 1875)

 

DADITE

Elle èst sàvêye sins m' payî ; alez mâle pây, pèlêye madame, pouyeûse, qwarêye tièsse, grand vantrin sins quowète.

(BARON. Li taperèsse di cwârdjeû. Sc. 8. 1882)

 

VERVIERS

Ossu dit-st-on qu' Baure èt Finète,

Fé dès grands vantrins sins quowète.

Pus hôt quu l' cou volèt pèter,

C' èst l' fièsse, i s' fât bin amûser.

(PIRE. Lu fièsse. Ch. 1884)

 

2878

vantrin

Ci n' èst rin qwand l' vantrin ni s' lîve nin.

 

litt. Ce n'est rien quand le tablier ne se soulève pas.

Excuse de la jeune fille qui s'abandonne.

 

On dit aussi :

Ci n' èst rin qwand lès p'tits n' racusèt nin lès grands.

 

2879

chame

TABOURET

Mète lès chames su lès cossins. (namur)

 

litt. Mettre les tabourets sur les coussins.

Mettre tout en l'air, ne rien épargner pour bien recevoir quelqu'un. (ACAD.)

 

MALMEDY Mète lès cossins so lès tchèyîres.

 

JODOIGNE Nos mètrans lès cosséns së lès chames.

 

 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2880-2899

2880

taîre

TAIRE

Vât mî s' taîre qui d' mâ djâser.

 

litt. Mieux vaut se taire que mal parler.

Un grand parleur s'attire souvent de méchantes affaires.

(ACAD.)

Pr. fr. — Trop gratter cuit, trop parler nuit.

In multiloquio non décrit peccatum.

(Prov. de Salomon. CX. V. 19)

 

Os unum, natura duas formavit et aures,

Ut plus audiret quàm loqueretur homo.

 

Prov. provençal. Vau ma calar que foual parlar.

(Revue des langues romanes. 1881)

 

Prov. espagnol : El poco hablar es oro, y el mucho es lodo.

 

Prov. italien : Chi parla semina, et chitace raccoglie.

V. Quitard. Dict., p. 582.

 

Prov. arabe : Le silence est d'or et la parole est d'argent.

Meur vaut bon teisir ke trop parler.

(Proverbe ciel vilain. XlVe siècle)

 

VAR. MARCHE

Qwand on t' faît toûrnè à borike,

L' motus' sovint vât mî qu' li r'plike.

(ALEXANDRE. P'tit corti. 1860)

 

NAMUR  I s' vaut mia taîre qui d' mau causer.

 

MONS Djè n' su nié fôrt malin ;

Dj' su co trop jeune et dj' èrtié ça dé m' pére

Qu' in blanc-bèk faît co mieu dè s' taîre què d' mau parler.

(LETELLIER. Èl l' leûp éyét l' quévau. Fauve. Armonak dé Mont. 1848)

 

FRAMERIES I vont mû s' taîre què d' mau paurler.

 

2881

talon

TALON

Dj' aîme mî sès talons qu' sès bètchètes.

 

litt. J'aime mieux ses talons que les pointes (de ses souliers). J'aime mieux le voir partir que le voir arriver. — Ses visites m'obsèdent.

Pr. flamand. Welkom :  wan vertrekt gy ? (Soyez le bien venu: Quand partez-vous ?)

Il est gentil, votre enfant :  à quelle heure est-ce qu' on le couche ?

J'aime mieux voir vos talons que votre nez.

(ONDIN. Curiositez françaises. 1640)

 

Maîs Olivî, qu' aveût p'chî vèy sès talons qu' sès bètchètes, lî présinta ine pèce di doze sous.

(MAGNEE. Baîtrî. 1865)

 

AILY 

Coûr èvôye, laîd potince ; à chake fèye qui t' vins,

I m' arive on displit, ou bin quéke laîd mèhin ;

Dj' in.me mî vèy tès talons qui dè vèy tès bètchètes.

(TOUSSAINT. Lambèrt li fwèrsôlé. II, Sc. 1re. 1871)

 

Èt, si vos 'nnè djâsîz âs ddjins wice qu' is s' vont mète,

On v' dîrè qu' on-z-in.me mî leûs talons qu' leûs bètchètes.

(DELARGE. Ine copène conte lès pèketeûs. 1873)

 

MARCHE

Èt mutwa d'min, l' cèle qui to hantes,

Aîmerè mî tès talons qu' tès plantes.

(ALEXANDRE. P'tit corti. 1860)

 

VAR. JODOIGNE  Vaut mia qu' l' èvouye quë lès blés.

 

NIVELLES 

Cès-afaîres-là pour mi, dj' oûse èl dîre, c' èst lès mwindes

Mins tant qu' ça dure, dj' aî mieu vîr vos talons qu' vos pwintes.

(RENARD. Lès-avent. dè Djan d' Nivèle. Ch. VI, 3e éd. 1890)

 

MONS Bî v'nu ; quand râliez ?

 

MONS I n' foulwat nié d' lunètes pou vîr qu' èle aîmiont mieu nos talons qu' nos pwintes.

(LETELLIER. Arm. dé Mont. 1850)

 

TOURNAI  On-aîme mieu vîr sès talons qu' sès pwintes.

 

VALENCIENNES J' aime mieu sès talons qu' sès pwintes.

(HÉCART. Dict.)

 

SAINT-QUENTIN  Mais quand qu' in n' a pau l' sous chés djins, ils-ont pu kier vos talons qu' vos pwintes.

(GOSSEU. Lettres picardes. 1840)

 

BASSE-ALLEMAGNE Ich sehe lieber die (/ seine) Hacken als die (/ seine) Zehe.

 

2882

tabeûr

TAMBOUR

Pârti sins tabeûr ni trompète.

 

litt. Partir sans tambour ni trompette.

Partir à la dérobée. — Déloger, se retirer secrètement sans faire de bruit. Se dit surtout d'un homme qui part ainsi, pour ne pas payer ce qu' il doit, ou pour fuir un danger. (ACAD.)

Pr. fr. — Partir sans tambour ni trompette. — Déloger sans trompette.

Holà ! Madame la belette,

Que l'on déloge sans trompette !

(LAFONTAINE)

 

Bêcôp sins tabeûr ni trompète,

Prindît vite li poûre d' èscampète.

(HANSON. Li Hinriâde travèstèye. Ch. II. 1780)

 

Li priyèstrèye divint mouwale,

Èt dès saze l' infernâle cabale,

Sins labeûr èt sins trompète fût,

Tot come on laron qu' on porsût.

(HANSOK. Li Hinriâde travèstèye, Ch. X. 1780)

 

Çoula kinohou d' l' alouwète

Èle di-st-à sès-èfants ;

Habèye, il èst timps, dilodjans

Sins labeûr ni trompète.

(DEHIN. L' alouwète èt sès djon.nes èt l' maîsse dè tchamp. Fâve. 1852)

 

Jamây sins labeur ni trompète,

Quéke pârt li musicyin n' irè ;

Èt çou qu' in.mét li mî qu' on rèpète

C' èst lès toùrnêyes â cabarèt.

(WlLLEM. En musike. Ch. 1880)

 

DINANT  SUSIN

Mins, en-atindant, è catchète,

Ni sèreut-ce nin on pô nayif,

Si, sins tambour ni trompète,

Ddji m' sipaurgnereûve on côp d' canif.

(On drole di mwin.nadje. Sc. 6. 1872)

 

NIVELLES

 ! djè l' avè, l' courâje !

Èl cin, bin-intindu,

Sans tambour ni trompète, à rademint m' incouru.

(RENARD. Lès-avent. dè Djan d' Nivèle. Ch. II, 3e éd. 1890)

 

2883

tambour

L' cyin qu' a faît l' tambour n' a qu' à fé lès makèts.                                               (NIVELLES)

 

litt. Celui qui a fait le tambour n'a qu'à faire les baguettes.

C'est à celui qui a entrepris une chose qu' il appartient de la finir complètement ; c'est une obligation. — Celui qui a fait le principal doit faire les accessoires.

 

CHARLEROI

Gn-a nén d' si vî pêlon qui n' pout trouver s' couviète,

Èt l' cin qu' a faît l' tambour, dit-st-on, faît lès makètes.

(BERNUS. L'ètèremint dè l' liyon. Fauve. 1873)

 

2884

tambour

Miner tambour batant.

 

litt. Conduire tambour battant.

Remporter sur quelqu'un plusieurs avantages successifs; le malmener, le presser vivement; ne pas donner de relâche.

(LlTTRÉ)

Pr. fr. — Mener quelqu'un tambour battant.

Autre prov. : Partir tambour battant; à grand bruit, au vu et au su de tout le monde. Cité par FORIR. Dict.

 

Opôsans, à ç' peûpe arèdjî,

Ine nâcion qui pôye nos vindjî,

Qui, tambour batant, vis-èl mône,

L'afront qu' nos faît vât bin cisse pône.

(HANSON. Li Hinriâde travèstèye. Ch. I. 1780)

 

Èt nos 'nn' îrans tambour batant,

Li gâre comunâle èn-avant.

(Chanson liégeoise de 1830)

 

N' a-dju nin bin pârlé asteûre,

Qu' in-ôte qui mi 'nnè faîsse ottant,

Qu' on m' apwète li drapau d' oneûr,

Ddji sin qu' dj' èva tambour batant.

(Couplèts dédiés âs mânes dè sètimbe 1830. Vers 1880)

 

Li simpe sôdâr vôreut èsse pus qui s' maîsse

Po fé roter lès-ôtes tambour batant.

(BAUWENS. Ine bone gote di pèkèt. Ch. 1880)

 

VERVIERS  Lu TCH'VAU

Maîs nos-ôtes, nos n' sârins jamauy è dîre ottant,

O cocher, saîve ou sô, nos mène tambour batant.

(XHOFFER. Lès bièsses, I, sc. 8. 1858)

 

CHARLEROI  L' rèvoyî tambour batant. (..)

 

2885

tamis

TAMIS

Il a stu passé â fin tamis.

 

litt. Il a été passé au fin tamis.

On l'a passé par l'étamine. — On a épluché sa conduite, on a scruté toutes ses actions. On dit aussi :

II a stu r'passé â fin tamis.

 

I gn-a nin cial ni kik ni kak,

Djowez-ve dè pike, dji djowe dè make.

I fât tot passer po l' tamis

D'pôy lès pus grands djusqu'âs pus p'tits.

(Paskèye so lès séminarisses. 1735)

 

I n' a faît nole dificulté,

Dè dîire divins s' prumî rèplike

Qu' il a faît parète è publik

Qui lès docteûrs, po èsse admis,

Divint passer po l' fin tamis.

(DE RYCKMAN. Paskèye critike èt calotène so lès-afaîres dè l' médicène. 1732)

 

VAR. NAMUR Il a sti tamejî au tamis d' sôye.

 

MONS Nos n' arions nié ossu faîre s'n-éloje avant qu' i passe au fin tamis d' deûs, twas camarâdes qu' ont faît leûs preûves.

(LETELLIER. Armonake dé Mont. 1856)

 

2886

tapadje

TAPAGE

Èles minèt on tapadje come dès-aguèces qu' ont vèyou on r'nâd.

 

litt. Elles font un tapage comme des pies qui ont vu un renard.

Se dit des femmes qui causent ensemble avec beaucoup de volubilité.

 

2887

târd

TARD

Vât mî târd qui mây.

 

litt. Vaut mieux tard que jamais.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Pr. fr. — Il vaut mieux tard que jamais.

Mais il vaut mieux tard que jamais.

(MOLIÈRE. L'impromptu de Versailles)

Cité par FORIR. Dict.

 

Maîs vât mî târd qui mày, èt po v'ni on pô târd,

Is n' pièdront nin leû pârt.

(bailleux. Lès mimbes èt li stoumak. Fâve. 1852)

 

HINRI

Ddji so nâhî d' çoula, ,dji vou viker è pây,

Èt sûre li spot qui dit : i vât mî târd qui mây.

 

VARIANTE

Prindez on cristère

Po prudjî voste hérésèye ;

Di rik'mincî ine bone vèye

I n' èst mây trop târd

Di fûr li hasârd.

(Controverse entre un ministre protestant et un liégeois catholique.

Fin du XVIIe siècle. B* et D*. Choix de chansons)

 

VARIANTE Vât mî timpe qui târd.

(FORIR.  Dict.)

 

FRAMERIES   Mû vaut târd què jamins.

 

SAINT-QUENTIN  I veut mieu târd qu' pau du toute.

 

DOUAI Infin, i vaut min tard qu' pwint.

(DECHBISTE. Souvenirs d' un ome d' Douwaî. 1856)

 

BASSE-ALLEMAGNE Besser spät als gar nicht.

 

2888

taurd

Trop taurd à l' sope n' a jamaîs rin. (marche)

 

litt. (Celui qui arrive) trop tard à la soupe, n'a jamais rien. Celui qui retarde de faire une chose, la rate; il faut arriver à temps.

 

VAR. TINTIGNY  Il arè la lavète en pot.

 

2889

tâte

TARTINE

Ine bone crâsse tâte di boûre n' a mây sitron.né s' maîsse.

 

litt. Une bonne grasse tartine de beurre n'a jamais étranglé son maître.

Il ne faut pas dédaigner les aliments sains, quelque simples qu' ils soient. — Il faut rechercher avant, tout les qualités solides.

Cité par FORIR. Dict.

 

VAR. JODOIGNE On n' së stron.ne jamaîs en mindjant (/ en bèvant) craus.

 

2890 

tâte

Wârdez vos couyonâde,

Po magnî avou vosse tâte.

 

litt.   Gardez vos plaisanteries

Pour manger avec votre tartine.

Expression employée pour faire taire un mauvais plaisant.

 

TÂTÎ (djâsant dè gros lot) I fât qu' i n' âye onk qui l' âye.

BIÈTEMÉ Ci sèrè vos, sins fâte.

TÂTÎ. Wâde tès couyonâdes, vî, po magnî avou t' tâte.

(REMOUCHAMPS. Tâtî l' pèrikî, I, sc. 6. 1888)

 

MAYANE (bodjant s' fâs cou).

Vo-le-là disfaît, Tatène, wârdez vosse couyonâde,

Èle chèrvrè d' ramonasse, à dîh eûres, so vosse tâte.

(Ch. HANNAY. Lès-amoûrs da Mayane. Il, sc. 9. 1886)

 

2891 

tâte

C' è-st-on magneû d' tâtes âs-èfants.

 

litt. C'est un mangeur de tartines (qu' il enlève) aux enfants.

Il abuse de sa force, de son habileté; il s'en prend aux novices.

Un mangeur de petits enfants.

(ONDIN. Curiositez françaises. 1640)

 

TÂTÎ ... Ddji n' vou nin vis haper vos-aîdants,

On n' mi loumerè jamây magneû d' tâtes âs-èfants.

(REMOUCHAMPS. Tâti l' pèrikî. I, sc. 7. 1888)

 

VAR. TOURNAI Laîsser minjer s' pin su s'n-assiète.

 

2892

târtine

Chacun tire do bûre su s' târtine. (marche)

 

litt. Chacun attire du beurre sur sa tartine.

Chacun cherche ce qui lui est profitable, avantageux.

 

MARCHE DJÂKE

Pace qu' i sorît todi qwand vos baujez s' platine,

Ou qu' on lî deut pwartè do bûre su s' târtine.

(ALEXANDRE, Li pèchon d' avri. I, sc. 2. 1838)

 

JODOIGNE  Chakin satche lë pës qu' ë pout dè bûre së  s' tartëne.

 

2893

tasse

TASSE

Vos troûverez l' tasse hârdêye.

 

litt. Vous trouverez la tasse ébréchée.

Se dit lorsqu' on doit épouser une veuve.

 

2894

pinake

TAUDIS

Qué pinake, ène vake n' î r'conicherè nié s' viau.                                                      (MONS)

 

litt. Quel taudis, une vache n'y reconnaîtrait pas son veau ou le môme proverbe rimé.

 

Ç' 't in vraî pinake,

Ès' viau n' s'rwat nié r'couneu pa 'ne vake.

(SlGART. Dict. 1870)

 

C'est le comble du désordre, de la malpropreté, c'est une habitation misérable.

 

NIVELLES  Ène vatche nè r'trouveroût ni s' via.

 

2895

torê

TAUREAU

Èsse pé qui l' torê da l' dîme. (HERSTAL)

 

litt. Etre pis que le taureau de la dime.

Se dit d'un homme d'un tempérament très ardent.

« Il existait, au moyen âge, une grange de la dime : heûre dè l' dîme; c'était là que nos bons aïeux portaient la quote-part à l'église. La paroisse possédait aussi un taureau ; chaque particulier qui voulait y conduire sa vache devait donner le veau au curé de l'église de Notre-Dame de Herstal. » (DELARGE)

(Il existe encore à Herstal une partie de la grange de la dime, près de l'église Notre-Dame à la Licour, ou pour mieux dire à Licour (résidence du maire du palais Pépin de Hérstal).

 

2896

TEL

Té ti,

Té mi. (namur)

 

litt. Tel toi, / Tel moi.

Je serai tel pour toi que tu seras pour moi.

(H. CHAVEE. Français et wallon, parallèle linguistique. 1857)

 

2897

 

timpèsse

TEMPÊTE

I gn-a nou timpèsse qui n' vinse à pont.

 

litt. Il n'y a pas de temps si mauvais qui  ne vienne à point.

Ce qui fait du tort à l'un, profite à l'autre. — Toute chose, si désagréable qu'elle soit, a toujours un bon côté.

A malo bonum. Il n'est mal dont bien ne vienne.

(Gabr. Meurier. Trésor des sentences, 1568)

Cité par FORIR. Dict.

 

bazin

Prindez corèdje, il îrè mî, dj' èspère,

Gn-a nou timpèsse qui n' vinse quékefèye à pont ;

Titine èst djon.ne, èle rik'noherè sès twèrts

Ca 'le vis-in.me bin, po çoula dj' è rèspond.

(DEMOULIN. On pèhon d' avri. Sc. 4. 186(..))

 

I gn-a nou timpèsse qui n' vinse à pont, èdon ; dj' a todi vèyou qui d'vins lès manèdjes, après 'n-orèdje, on raveût l' baî timps.

(WILLEM et BAUWENS. Li galant da Fifine. Sc. 4. 1882)

 

2898

timps

TEMPS

Avou l' timps, on-z-a d' l' âdje.

 

litt. Avec le temps, on a de l'âge.

On devient raisonnable en vieillissant.— Le temps mûrit tout.

En vivant l'on devient vieux.

(Gabr. Meurier. Trésor des sentences. 1568)

 

S'emploie aussi comme réponse à : Nos-avans l' timps, pour dire qu' il ne faut pas attendre.

 

2899

timps

C' è-st-on timps d' fôre à Lîdje.

 

litt. C'est un temps de foire à Liège. Du mauvais temps. La foire de Liège a lieu le 2 novembre.

 

MONS In faît d' temps, l' fwâre dé Mont èn' d-a sovint qu' un, ç' 't-in temps d' kié; quand ç' n' èst nié dé l' pleuve, c' èst dé l' jèlée; quand ç' n' èst nié dé l' jèlée, c' èst dé l' nêje. Maîs l' pus souvint qu' on-a, c' èst dé l' soupe dé kié ; et c' èst si tèlemint vraî, què quand i pleut à Mont et au long du djoûr, au pruntemps ou bé à l' été, vos-intendez dîre : 'Là co du temps d' fwâre !' Force què lés Montwas sont habitoué à vîr du laîd sale temps pendant leû fwâre.

(LETELLIER. Armonak dé Mont. 1861)

 

NIVELLES  C' è-st-in vraî temps d' fièsse à Nivèle.

La foire de Nivelles commence le dimanche qui suit la Saint-Michel (29 septembre).

 

 

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Spots (Dejardin) : sûte: 2900-2929

2900

timps

I gn-a nou timps qui n' vinse èt nouk qui n' passe.

 

litt. Il n'y a pas de temps qui ne vienne et pas qui ne passe. Tout passe, tout se renouvelle. — On ne peut pas être et avoir été. — Heur et malheur n' ont qu'un temps.

 

Ciète, èlle eûrît l' timps long, maîs i gn-a nou timps qui n' vinse èt nouk qui n' si passe.

(MAGNEE. Baîtri. 1865)

 

VARIANTE Tot timps vint come tot timps passe.

 

2901

timps

I gn-a rin qui vasse pus vite qui l' timps.

 

litt. Il n'y a rien qui aille plus vite que le temps.

Les anciens représentaient le temps avec des ailes.

... Fugit irreparabile tempus. (virgile)

Le temps, cette image mobile

De l'immobile éternité,

(THOMAS. Ode sur le temps)

Cité par FORIR. Dict.

 

2902

timps

Li timps, c' èst d' l' ârdjint.

 

litt. Le temps c'est de l'argent.

Il ne faut pas perdre son temps.

Pr. fr. — Le terme vaut l'argent.

(ONDlN. Curiositez françaises. 1640)

Cité par FORIR. Dict.

Cf. Time is money.

 

2903 

timps

I gn-a co dè timps d'vant qu' i fasse nut'.

 

litt. Il y a encore du temps avant qu' il fasse nuit.

Ne nous pressons pas. — Il n'y a pas péril en la demeure.

 

2904 

timps

I gn-a timps po tot.

 

litt. Il y a temps pour tout.

Pr. fr. — Il y a temps pour tout ; il y a temps de rire et temps de pleurer, temps de parler et temps de se taire. (ACAD.)

Cf. le chapitre I du livre de l'Ecclésiaste.

 

I gn-a on timps po rîre èt in-ôte po-z-ovrer.

(REMACLE. Dict. 1839)

 

BASSE-ALLEMAGNE Alles zu seiner Zeit.

 

2905

timps

I gn-a rin d' pus âhî à èdurer qui l' bê timps.

 

litt. Il n'y a rien de plus facile à supporter que le beau temps.

On s'habitue aisément au bonheur.

Cf. la maxime de la Rochefoucault : Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d'autrui.

 

2906

timps

Touwer l' timps.

 

litt. Tuer le temps.

S'amuser à des riens, afin de passer le temps sans ennui.

(ACAD.) (..)

 

Avâ l' samin.ne dè l' fièsse, si dji ddjowe ine mantchète,

Ci sèrè d'vins lès djeûs qu' on n' discompte nin l' bèrwète,

À 'ne dimêye cense li bèye, à deûs censes â bourlâ,

Histwère dè touwer l' timps, sins s' fé ni bin ni mâ.

(thiry. Ine copène so l' marièdje. 1858)

 

Touwer l' timps,

C' èst l' divise dès mâlès djins.

(FORIR. Dict.)

 

BASSE-ALLEMAGNE Die Zeit töten.

 

2907

timps

Dè timps dè vî bon Diu.

 

litt. Du temps du vieux bon Dieu.

Il y a fort longtemps. — Se dit pour marquer des siècles éloignés, des siècles grossiers.

Pr. fr. - Du temps que la reine Berthe filait. — Du temps qu' on se mouchait sur la manche.

 

Ine fèye, dè timps passé, dè timps dè vî bon Diu,

On timps qu' èst bin rèvôye èt qui n' rivaîrè pus.

(BAILLEUX. Ine vèye fâve da m' grand-mére. 1844)

 

On racontéve ine fâve, dè timps dè vî bon Diu

Tant qu' à l' raîson, èle ni m' èst nin k'nohowe,

Qui l' léheû s' arindje come por lu

Vo-le-là tote nowe.

(DEHIN. Tribut èvoyî pa lès bièsses à Alègzande. Fâve. 1852)

 

Li tèyâte riprésinte on manèdje d' ovrî, meûbe dè timps dè vî bon Diu.

(Th. COUETTE. Ine vindjince. III. 1878)

 

NAMUR  

I faut pinser qui lès payins du timps do vî bon Diè qu' ont inventé l' cracolojîye, èstin.ne dès stornés.

(Li métolojîye. La marmite, 1884)

 

BASSE-ALLEMAGNE Der alle gute Gott lebt noch.

(Paroles de consolation)

 

2908

timps

Ôte timps, ôte manîre.

 

litt. Autre temps, autre manière.

Il faut être de son siècle.

Pr. fr. — Autre temps, autres mœurs.

 

I n' èst nin todi sèdje,

Dè sûre lès vîs ûsèdjes

Qui l' timps a forcrèhou...

(SlMONON. Li côparèye. 1822)

 

M. le colonel Migheels, dans les Novaîs ûsèdjes, a développé heureusement ce thème.

Un seul couplet :

Lès médecins ènn' alît à pîd

Vèy leûs malâdes à p'tite pwèsaye ;

Ddji n' sé nin s' is lès traitèt mî,

Tot fant è vwèture leû tournaye.

Hoûy, on moûrt tot come anciènemint,

Èt bin pus, qwand l' colèra flahe ;

Maîs si vos 'nn' alez londdjin.nemint,

Ci sèrè sûr avou 'ne vûde tahe.

 

Cf. aussi Grand-mére à l' vihène (de M. A. Hock)

 

BASSE-ALLEMAGNE  Andere Zeiten, andere Sitten.

 

2909

timps

Li timps pièrdou ni s' ritroûve mây.

 

litt. Le temps perdu ne se retrouve pas.

Il faut saisir l'occasion quand elle se présente.

Pr. fr. — Le temps perdu ne se répare point, ne se recouvre point. (..)

Fugit irreparabile tempus.

(Virgile. Enéide III)

Cité par FORIR. Dict.

 

NAMUR   Ni brèyoz nin come ça, mèmére,

Li timps pièrdu ni r'vêrè nin.

(WÉROTTE. Choix de chansons wallonnes. 1860)

 

NAMUR  Li timps pièrdu ni si r'trouve nin.

L' ocâsion mankéye ni si r'trouve nin.

 

VERVIERS   So l' ovrèdje, nu fez nole bauye,

Tirnps pièrdou nu s' rutrouve mauy.

 

VAR. VERVIERS    Racoyîz quand l' timps èst bon

Rin n' passe pus reûd qu' ocâsion.

(RENIER. Spots rimés. 1871)

 

NIVELLES Èl temps passé, ç' astout ayêr.

 

JODOIGNE  L' timps passé èst iëte.

 

2910

timps

I fât prinde li timps come i vint.

 

litt. Il faut prendre le temps comme il vient.

Il faut ne s'inkiéster de rien et s'accommoder à tous les événements. (ACAD.)

Pr. fr. — Prendre temps comme il vient. — A la guerre comme à la guerre.

Cité par forir. Dict.

 

Li bordjeû di ç' pays champète

Vikéve sins sogne, foumant s' pîpète,

Èt, prindant l' timps tot come i vint,

Ni sondjîve nin â lèd'dimin.

(HANSON. Li Hinriâde travèstèye. Ch. VIII. 1780)

 

Li boneûr, mès-amis, po nos-ôtes,

C' èst dè prinde li timps come i vint.

(Li sans souci lîdjwès. Ch. 1887)

 

Nos-ôtes, fans come Lamote, qu' è-st-on vî râvelaî d' ttchin,

Èt portant filosofe, prindant l' timps come i vint.

(THIRY. Lès saîsons. Poème. 186(..))

 

MARÈYE

Sés-se bin qwè, console-tu ; ni t' faîs nin dès  mâs d' tièsse ;

On prind l' timps come i vint ; qui l' bon Diu faîsse li rèsse.

(DELARGE. Scène populaire. 1874)

 

VERVIERS

Qu'  i nîve, qu' i djale come po pîre fmde,

Prindans todi l' timps come i vint.

(PIRE. Vo-r'-ci l' îvièr. Ch. 1874)

 

NIVELLES Maîs i n' a rîn à dîre, i faut bén prinde èl timps come i vînt.

 

MONS

Ba, nos prindrons l' timps come i vèra.

Buvons co toudi in p'tit surdje in-atindant.

(letellier. Ârmonake dé Mont. 1859)

 

BORINAGE  In chavetier n' a nié in long bout d' kèmin à fé pou ète pus eûreûs qu' in rwa : i n' a fok à prinde l' temps come i vièt, lès ddjoûs come is sont.

(Armonak du Borinâje in patwas borin. 1849)

 

BASSE-ALLEMAGNE  Man muss die Zeit nehmen, wie sie ist.

 

2911

timps

I fât prinde li timps come i vint, lès ddjins po çou qu' is sont èt l' ârddjint po çou qu' i vât.

 

litt. Il faut prendre le temps comme il vient, les gens pour ce qu' ils sont et l'argent pour ce qu' il vaut.

Il ne faut pas attribuer aux événements, aux personnes et à l'argent plus d'importance qu' ils n'en ont.

 

VAR. VERVIERS NÈLE

Faut prinde li monde tél qu' il èst, maîs n' djudjant so dèguin.ne,

Èle dîrè todi bin l' cisse qui rîrè l' dièrin.ne.

(RENIER. Li mohone à deû faces. Sc. lre. 1873)

 

MONSI faut prinde è temps come i vièt et lès ddjins come is sont, qu' on dit co.

(LETELLIER. Armonake dé Mont. 1874)

 

TOURNAI Printe l' temps come i vyint, lès djins come is seont et l' ârddjint pou ç' qu' i vaut.

 

2912

timps

Timps coviért,

Diâle è l' aîr.

 

litt. Temps couvert, / Diable en l'air.

Pronostic de mauvais temps.

 

2913

timps

Il a stu pwèrter s' timps.

 

litt. Il a été porter son temps.

C'est une chose bien faite, complète, à laquelle on a consacré le temps nécessaire pour la parfaire.

 

2914

timps

I veûrè l' timps deûs côps. (jodoigne)

 

litt. Il verra le temps deux fois.

Il est maintenant dans l'aisance, mais cela ne durera pas. Se dit ordinairement d'un homme peu économe, prodigue.

 

2915

timps

I faut ottant d' timps po batëser on pwartchî qui por on prince.                                                              (JODOIGNE)

 

litt. Il faut autant de temps pour baptiser un porcher que pour un prince.

La condition, le rang de la personne ne changent rien à l'effet produit.

 

2916 

tricwèse

TENAILLE

Èsse è l' tricwèse.

 

litt. Etre dans les tenailles.

Etre à la gêne, dans l'embarras, être à bout de ressources. — Etre serré comme dans un étau.

 

Volà déjà longtimps qui v's-èstez è l' tricwèse.

(thiry. Ine cope di grandiveûs. 1839)

 

Èle tûsa èt ratûsa po qwèri on bocâ por wice qu' èle si polahe win.ner foû dè l' tricwèse.

(MAGNEE. Baîtri. 1865)

 

2917

tini

TENIR.

On tins vât mî qu' deûs ti l' ârès.

 

litt. Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.

La possession d'un bien présent, quelque modique qu' il soit, vaut mieux que l'espérance d'un plus grand bien à venir, qui est incertain. (ACAD.)

Pr. fr. — Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.

Cf. Loysel. Inst., n° 661.

Le moineau dans la main vaut mieux que celui qui vole.

Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras, L'un est sur, l'autre ne l'est pas.

(La Fontaine. Fable. V. 3)

Cité par FORIR. Dict.

 

VAR. VERVIERS

I vaut mî rin qu' onk à fé,

Qu' traze qu' on promèt' du k'mander.

(RENIER. Spots rimés. 1871)

 

VARIANTE

 Prind çoula hoûy, vât mi qui t' ènn' ârès deûs d'min,

Onk èst sûr èt l' ôte ni l' èst nin!

(BAILLEUX. Li p'tit pèhon èt l' pèheû. Fâve. 1856)

 

JODOIGNE I vaut mia tinre que d' l' oyë bon.

 

VAR. MONS

T' îras danser tantôt dins no payèle,

Parqué mi, n' èst pas, p'tit pichon,

J' aîme mieu l' avwar, què d' l' avwar bon.

(LETELLIER. Èl pètit pichon yèt l' pèkeû. Fauve. 1853)

 

BASSE-ALLEMAGNE  Haben ist besser als hoffen.

 

2918

tini

I vât mî t'ni qui d' cori.

 

litt. Il vaut mieux tenir que courir.

Il vaut mieux posséder une chose que la chercher.

Altération du proverbe : « Il vaut mieux tenir que quérir; » c'est-à-dire la possession actuelle d'une chose vaut mieux que la peine d'aller chercher. (LITTRE)

 

2919

tinter

TENTER

On n' èst jamaîs tinté pës qu' sès fwaces. (JODOIGNE)

 

litt. On n'est jamais tenté (pour) plus que ses forces. L'homme peut toujours surmonter la tentation.  S'emploie souvent ironiquement.

 

LUI  Të m' choneûve së bèle, èt dj' t' aveus là, d' costé; dîre qui dj' n' a wasë ! quë dj' aî stî bièsse, èt portant të m' tinteûve!

elle (riant) On n' èst jamaîs tinté pës qu' sès fwaces.

(E. Etienne)

On n'ose succomber à la tentation lorsqu' on craint de ne pas réussir.

 

2920

têre

TERRE

I n' laît rin toumer à l' têre.

 

litt. Il ne laisse rien tomber à terre.

Il ne perd rien, il fait attention aux plus petites choses. — Il ne dédaigne rien.

 

VARIANTE  I n' fât rin lèyî toumer à l' têre.

litt. Il ne faut rien laisser tomber à terre.

Il ne faut rien perdre.

 

BASSE-ALLEMAGNE  Nichts umkommen lassen.

 

2921 

têre

Quî s' prind à l' têre si prind à s' maîsse.

 

litt. Celui qui s'en prend à la terre, s'en prend à son maître. Remuer la terre est un rude travail.

In sudore vultus lui vescens pane...

(Genèse. Ch. III, v. 19)

 

2922

têre

C' èst têre èt wale.

 

litt. C'est tranchée et remblai.

C'est vallée et montagne; c'est-à-dire ce que je perds d'un côté, je le regagne de l'autre. — Il y a compensation.

 

VARIANTE  Fé têre èt wale.

Vivre au jour le jour, ne perdre ni gagner, joindre les deux bouts.  (FORIR. Dict.)

 

2923

têre

I faut todë lèyî l' têre po l' sint. (JODOIGNE)

 

litt. Il faut toujours laisser la terre pour le saint.

Il ne faut pas s'occuper de ce qui ne nous regarde pas. — Ne pas vouloir se compromettre en manifestant son opinion, être discret, ne pas prendre d'engagement.

 

JODOIGNE

Là (au vëladje) lès djins dëjenèt, djo veûrè ç' quë dj' a-st-à fé... comptez sër më, mins n' dëjoz ré... Is laîyenèt l' têre po l' sint, mins sont po leûs zèls.

(Ed. ETIENNE. On pîd dins lë strévîre. III, sc. 5. 1890)

 

VARIANTE Il èst mwârt; il a lèyî l' têre po lès sins.

Mourir intestat. Laisser la terre pour les siens.

 

2924 

tére

Il a sogne qui l' tére lî mâke.

 

litt. Il a peur que la terre ne lui manque.

Se dit d'un homme avare et timide qui craint toujours que le nécessaire ne vienne à lui manquer. (LITTRE)

Pr. fr. — Il a peur que la terre ne lui manque.

Il a peur que terre lui faille.

(ONDIN. Curiositez françaises. 1640)

 

2925

tère

Tère du pire,

Tère du grin ;

Tère du ronche

Tère du strin;

Tère du fètchîre

Tère du rin. (mont-le-ban)

 

litt.  Terre de pierre, / Terre de grain ; / Terre de ronce, / Terre de paille ; / Terre de fougère, / Terre de rien.

Les terrains pierreux donnent beaucoup de grain.

Les terres où viennent les ronces donnent beaucoup de paille. Celles où croissent les fougères ne donnent ni grain, ni paille.

(Em. Tandel,  Les communes luxembourgeoises. T. IV. 1891)

 

2926

tièsse

TÊTE

Qwand il a 'ne saqwè è l' tièsse, i n' l' a nin è cou.

 

litt. Quand il a une chose en tête, il ne l'a pas au cul.

Se dit des personnes opiniâtres, qu'aucune considération ne peut faire céder.

Cf. le proverbe espagnol : Donnez un clou à l'Aragonais, il l'enfoncera avec sa tête ! Cité par FORIR. Dict.

 

BIÈTEMÉ  C' èst qui, qwand li p'tit Biètemé à 'ne idèye o l' tièsse, i n' l' a nin ôte pât.

(WILLEM et BAUWENS. Pètchî ratcheté. Sc. 9. 1882)

 

JOSEPH

D'abord vos savez, qwand vosse mononke  Joseph a 'ne idèye è l' tièsse, i n' I' a nin.....

PAUL (viîvemint)  Ôte pât.

(DD. SALME. Mononke Josèf. Sc. 18.1884)

 

2927 

tièsse

On n' a qu' fé d' on tchapê qwand on n' a nole tièsse.

 

litt. On n'a que faire d'un chapeau quand on n'a pas de tête.

On ne recherche pas les choses dont on ne saurait faire usage.

Mais le moindre grain de mil

Ferait bien mieux mon affaire.

(Lafontaine. Le coq et la perle)

 

VAR. MARCHE Quî n' a pont d' tièsse n' a qu' fé d' bonèt.

 

2928

tièsse

I n' a nin co l' tièsse foû dè strin.

 

litt. Il n'a pas encore la tête hors de la paille.

Il est encore embarrassé, il n'est pas tiré d'affaire (dépêtré).

 

Baîtrî n' aveût nin co l' tièsse foû dè strin avou l' rintrêye di si-ome.

(MAGNÉE. Baîtrî. 1868)

 

BABÈTE  Avou ça, sèriz-ve sûr d' avu l' tièsse foû dè strin ?

(REMOUCHAMPS. Lès-amoûrs da Djèra. I, sc. lre. 1875)

 

VAR. TINTIGNY  I n' èst me au chu d' sès rouyes,

Il n'est pas au bout de ses raies.

(Em. Tandel. Les communes luxembourgeoises. T. III. 1890)

 

2929

tièsse

C' èst deûs tièsses dizos l' min.me bonèt.

 

litt. Ce sont deux têtes dessous le même bonnet.

Se dit de deux personnes extrêmement unies d'amitié ou d'intérêt. (ACAD.)

Pr. fr. — Ce sont deux têtes dans le même bonnet.

Ce sont deux frères siamois ; qui est bien avec l'un est bien avec l'autre.

Cité par FORIR. Dict.

 

C' è-st-oûy on ddjoû d' fièsse à Bièrsèt,

Tot-avâ l' viyèdje, on-z-ôt braîre :

Vîve li novaî maîre èt l'préfèt,

C' èst deûs tièsses dizos l' min.me bonèt,

Is-ont tot çou qu' i fât po plaîre.

(Paskèye po l' récèpsion dè M. De Goer di Bièrsèt è s' qualité d' maîre, 1806)

 

VERVIERS

Dji vou min.me lûre è s' bâne

Deûs tièsses èn-on seûl bonèt,

Qui fèt d' leû nez, d' leû crâne,

Deûs pièles, deûs vraîs grusês.

(RENIER. Chanson, banquet de 1867)

 

NAMUR  C' èst deûs tièsses dins on bonèt.

 

VAR. TOURNAI  Ch' èst l' curé èt s' mèkène.

 

SAINT-QUENTIN  Ch' Gosseu et pis sin bourike, cha n' fwét qu' ène tiète d'sous l' meume bonèt.

(GOSSEU. Lettres picardes.1840)

 

BASSE-ALLEMAGNE  Es ist schwer zwei Köpfe unter einen Hut zu bringen.

 

 

09:12 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |